SYDNE : Alexandre Laï-Kane-Cheong élu président à l'unanimité, fin du 'tout-enfouissement' annoncée
Alexandre Laï-Kane-Cheong, maire de Sainte-Suzanne, élu président du SYDNE le 21 mai 2026 à l'unanimité. Il annonce vouloir rompre avec le tout-enfouissement et dénonce la saturation du site de Sainte-Suzanne.
L’essentiel
Alexandre Laï-Kane-Cheong, maire de Sainte-Suzanne, a été élu à l’unanimité le jeudi 21 mai 2026 président du SYDNE (Syndicat mixte de traitement des déchets ménagers du Nord et de l’Est de La Réunion). Seul candidat en lice, il succède à Daniel Alamélou à la tête du syndicat qui réunit la CINOR et la CIREST. Dès sa prise de fonction, il annonce vouloir rompre avec le « tout-enfouissement » :
« Il y a des alternatives au tout-enfouissement » , Alexandre Laï-Kane-Cheong, président du SYDNE, déclaration du 21 mai 2026 (Le Quotidien, Zinfos974)
Il signale par ailleurs la saturation du site d’enfouissement sur sa commune :
« Notre site d’enfouissement des déchets à Sainte-Suzanne est déjà saturé » , Alexandre Laï-Kane-Cheong, président du SYDNE, Linfo.re, 22 mai 2026
Qui est Alexandre Laï-Kane-Cheong
Alexandre Laï-Kane-Cheong est le maire de Sainte-Suzanne, commune de l’Est de La Réunion intégrée à la CIREST. Élu local de longue date, il occupe désormais une double responsabilité : la gestion de sa commune et la présidence du syndicat mixte qui assure le traitement des déchets ménagers de l’ensemble du Nord et de l’Est de l’île.
L’élection à l’unanimité, faute d’autre candidature en lice, traduit un consensus politique entre les élus de la CINOR et de la CIREST. Selon Le Quotidien, Laï-Kane-Cheong appelle à « une gouvernance unitaire » et à la « mise en œuvre » d’une nouvelle approche.
Le SYDNE et ses missions
Le SYDNE (Syndicat mixte de traitement des déchets ménagers du Nord et de l’Est de la Réunion) regroupe les deux intercommunalités du nord et de l’est de l’île : la CINOR (Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne) et la CIREST (Saint-André, Bras-Panon, Saint-Benoît, Sainte-Rose, Plaine-des-Palmistes, Salazie). À ce titre, le SYDNE gère le traitement des déchets ménagers collectés par ces deux EPCI, là où la collecte elle-même reste sous la responsabilité des intercommunalités.
Le syndicat opère ou supervise les installations de stockage (anciennement Bel-Air, puis dossier de l’ISDU de Sainte-Marie), les centres de tri, les plateformes de transit, et tout ce qui relève du traitement aval des ordures ménagères et déchets assimilés. À l’amont, il porte également des programmes de réduction des déchets, de valorisation matière et de valorisation énergétique dans une logique de gestion durable.
Pourquoi le “tout-enfouissement” pose problème
La doctrine historique des déchets ultimes à La Réunion repose sur l’enfouissement en ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux). C’est une solution simple à court terme mais qui épuise rapidement les surfaces disponibles : à Sainte-Suzanne, le site d’enfouissement est désormais saturé, comme l’a confirmé Alexandre Laï-Kane-Cheong dans Linfo.re.
L’ISDU de Sainte-Marie (Installation de Stockage de Déchets Ultimes) doit prendre le relais, mais le dossier rencontre des difficultés et alimente régulièrement les tensions politiques locales depuis plusieurs années (recours, oppositions communales, ajustements techniques). Selon La 1ère, ce dossier risque de donner du fil à retordre au nouveau président.
Les alternatives au tout-enfouissement comprennent généralement le tri à la source renforcé, la valorisation matière (recyclage, compostage), la valorisation énergétique (incinération avec récupération d’énergie, méthanisation), et la prévention (réduction à la source, économie circulaire). La position du nouveau président s’inscrit dans la planification régionale définie par le Plan régional de prévention et de gestion des déchets de la Région Réunion.
Les dossiers urgents du nouveau président
Trois dossiers majeurs attendent le nouveau président, selon les analyses de Le Quotidien et Linfo.re.
Le premier est le renouvellement du contrat de traitement des déchets, qui a déjà connu deux marchés infructueux. La relance d’un appel d’offres conforme et attractif constitue une urgence opérationnelle, sous peine de rupture de continuité dans le traitement des ordures collectées.
Le deuxième est l’ISDU de Sainte-Marie, installation de stockage prévue pour prendre le relais de l’ancienne Bel-Air. Le dossier doit avancer rapidement compte tenu de la saturation du site actuel.
Le troisième est la mise en œuvre concrète des alternatives au tout-enfouissement annoncées : tri à la source, recyclage, valorisation, et lien avec les politiques régionales et nationales sur l’économie circulaire.
Pourquoi le sujet est sensible à La Réunion
Trois éléments rendent la gestion des déchets particulièrement délicate à La Réunion.
D’abord, la contrainte foncière : sur un territoire de 2 512 km² où la surface utilisable est limitée (relief, urbanisation, zones protégées, agriculture), chaque hectare consacré à l’enfouissement est un hectare retiré à d’autres usages. La pression sur les terres disponibles pousse à chercher d’autres modèles.
Ensuite, la dépendance aux importations : une grande partie des biens consommés à La Réunion arrive par bateau (cf. Port Réunion), génère des emballages, et finit en partie dans la chaîne des déchets. La prévention amont demande des ajustements de toute la chaîne logistique locale.
Enfin, le contexte sanitaire et environnemental : la pluviométrie, les cyclones, les risques de lixiviats (eau filtrant à travers les déchets) impactent particulièrement les nappes phréatiques (cf. nappes phréatiques 974) et les cours d’eau, dans un territoire où la qualité de l’eau est déjà sous tension (cf. pesticides à Saint-Benoît, restrictions sécheresse 2026).
Le contexte plus large
Cette élection s’inscrit dans une séquence institutionnelle dense à La Réunion : nominations dans plusieurs syndicats mixtes et EPCI, négociations sur les PEC et la LBU (cf. précarité logement LBU pauvreté), réorganisations dans le secteur des télécoms (cf. SFR Réunion rachat Zeop) et de la canne (cf. Tereos OI). Le traitement des déchets rejoint cet ensemble de dossiers structurels qui définissent les arbitrages publics des prochaines années.
Suivre
- SYDNE : communications officielles du syndicat
- CINOR + CIREST : positions des EPCI membres
- Préfecture de La Réunion : arrêtés sur les installations de stockage
- Région Réunion : Plan régional de prévention et de gestion des déchets
- Médias locaux : La 1ère, Imazpress, Zinfos974, Le Quotidien, Linfo.re, Freedom
Sources externes
- La 1ère / France Info , élection à l’unanimité
- Le Quotidien , il y a des alternatives au tout-enfouissement
- Le Quotidien , nouveau président appelle à une gouvernance unitaire
- Zinfos974 , veut changer de cap au SYDNE
- Linfo.re , site de Sainte-Suzanne saturé
- Freedom , élu à l’unanimité
- Imazpress , élu président du Sydne


