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Sécheresse précoce à La Réunion : 15 communes en restriction d'eau, dont Le Port et La Possession en alerte renforcée

Le préfet de La Réunion place 15 communes en restriction d'usage de l'eau en mai 2026, dont Le Port et La Possession en alerte renforcée. Saison des pluies la 2e plus sèche depuis 1960, déficit de 45%. Mesures, communes concernées, conduite à tenir.

Sécheresse précoce à La Réunion en mai 2026, 15 communes en restriction (source : Le Quotidien)

L’essentiel

Le préfet de La Réunion a placé le 18 mai 2026 un total de 15 communes sous restrictions d’usage de l’eau, selon Le Quotidien et Imazpress. Le Port et La Possession passent en alerte renforcée, tandis que 13 autres communes entrent en alerte simple, comme le détaille Zinfos974. La décision répond à une sécheresse précoce et inédite :

« La saison des pluies 2025-2026 est la deuxième plus sèche depuis 1960, avec un déficit de près de 45 %, 1 000 mm cumulés contre 1 740 mm attendus. » , Météo-France et préfecture de La Réunion, bilan publié le 18 mai 2026 (cité par La 1ère)

Les interdictions concernent l’arrosage, le lavage des véhicules, le remplissage des piscines, et certains usages agricoles.

Une situation inédite documentée

Météo-France confirme dans son bilan publié à l’occasion de la décision préfectorale que la saison des pluies 2025-2026 se classe comme la deuxième plus sèche depuis 1960, année de mise en service du réseau de référence sur l’île. Le déficit pluviométrique cumulé s’élève à près de 45 % par rapport à la normale climatologique, avec environ 1000 mm observés contre 1740 mm attendus sur la période.

Cette anomalie négative se traduit immédiatement par une baisse des débits des ravines et des rivières, par une réduction de la recharge des nappes phréatiques (cf. nappes phréatiques et ressources en eau à La Réunion) et par une tension sur les retenues d’eau brute alimentant les usines de production d’eau potable. Le stress hydrique se concentre logiquement sur les communes les moins arrosées en saison normale (Ouest et Sud-Ouest), qui basculent les premières dans les niveaux d’alerte.

Les communes concernées

D’après les annonces préfectorales, 15 communes sont désormais sous restrictions. Deux communes passent en alerte renforcée : Le Port et La Possession, secteurs très dépendants des retenues du Bras de la Plaine et des forages d’Ilet à Cordes pour leur alimentation. Treize autres communes sont placées en alerte, principalement dans l’Ouest, le Sud-Ouest et certains secteurs Sud et Est de l’île. La liste exacte est précisée dans l’arrêté préfectoral publié au recueil des actes administratifs.

Cilaos, qui avait été placé en vigilance dès le début mai (cf. Cilaos en vigilance sécheresse), reste sous surveillance.

Ce que disent les niveaux d’alerte

Le dispositif sécheresse comporte plusieurs paliers définis nationalement et déclinés localement par la préfecture. Le niveau “vigilance” (en amont) appelle les usagers aux économies volontaires. Le niveau “alerte” impose des restrictions sur les usages non essentiels (arrosage, lavage des véhicules, piscines, fontaines). Le niveau “alerte renforcée” durcit ces restrictions (horaires plus contraints, interdictions plus larges) et peut viser certains usages agricoles et industriels non prioritaires. Le niveau “crise” réserve l’eau aux usages essentiels (alimentation, hygiène, santé, sécurité civile).

Les mesures concrètes typiques imposées au niveau alerte incluent l’interdiction d’arroser les pelouses et les espaces verts entre 9h et 19h, l’interdiction de laver les voitures hors stations professionnelles, l’interdiction de remplir les piscines privées au-delà du complément d’évaporation, l’interdiction d’alimenter les fontaines et de laver les voiries sauf nécessité de sécurité. Au niveau alerte renforcée, certaines de ces interdictions deviennent totales.

Les agriculteurs sont concernés par des restrictions sur les prélèvements (forages individuels, captages agricoles) avec des plages horaires d’irrigation autorisées. Les collectivités sont invitées à réduire leurs usages publics (parcs, fleurissement, lavages de marchés).

Conduite à tenir pour les habitants

Pour les habitants des communes concernées, plusieurs gestes sont à intégrer immédiatement. Limiter les douches et préférer des temps courts. Récupérer l’eau de pluie quand elle survient pour les usages d’arrosage. Réutiliser l’eau de cuisson refroidie pour les plantes. Vérifier l’absence de fuites aux robinets, aux chasses d’eau et sur le réseau extérieur (compteur figé en l’absence d’usage : pas de fuite). Signaler les fuites sur le réseau public à l’opérateur (Cise Réunion, Runéo, Créole, régies communales selon les communes).

Pour les usages professionnels (commerce, artisanat, restauration, agriculture), se rapprocher de la chambre consulaire ou de la mairie pour les dérogations éventuelles et les conseils d’adaptation.

Le contexte climatique plus large

Cette situation s’inscrit dans une tendance climatique observée depuis plusieurs années à La Réunion : saisons des pluies plus erratiques, épisodes secs précoces et plus marqués, cyclones plus intenses mais moins fréquents. Le changement climatique déplace le calendrier des précipitations et accentue les contrastes entre versant au vent (Est, Sud-Est) et versant sous le vent (Ouest), aggravant les tensions sur la ressource pour les communes les moins arrosées.

Le contexte sanitaire concomitant n’arrange rien : un niveau record de leptospirose, foyers de dengue, cas de Mpox, un épisode pesticides à Saint-Benoît, des restrictions d’eau à Salazie et désormais ces restrictions globales placent l’eau et la santé publique en position centrale dans l’actualité réunionnaise de mai 2026.

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Sources externes