Leptospirose à un niveau record, foyers de dengue, Mpox : triple vigilance sanitaire à La Réunion
Bulletin Santé publique France de mai 2026 à La Réunion : leptospirose à un niveau jamais atteint depuis le début de la surveillance, plusieurs foyers de dengue actifs, deux nouveaux cas de Mpox. Symptômes, transmission, prévention.
L’essentiel
Le bulletin de Santé publique France du 13 mai 2026 dresse un panorama tendu de la situation sanitaire à La Réunion, selon Imazpress et Zinfos974 :
« Alors que plusieurs foyers de dengue restent actifs à La Réunion, Santé publique France alerte surtout sur une recrudescence inhabituelle de la leptospirose, avec un niveau jamais atteint depuis la mise en place de la surveillance sanitaire » , Zinfos974, citant Santé publique France, 14 mai 2026
À ce panorama s’ajoute la circulation simultanée du chikungunya et la vigilance hantavirus active depuis quelques jours (cf. vigilance hantavirus à La Réunion). Les autorités sanitaires appellent la population à une vigilance renforcée et au respect des gestes de prévention.
Leptospirose : un niveau record
La leptospirose est une maladie bactérienne transmise par les urines de rongeurs (rats principalement) qui contaminent l’eau et la boue. La transmission humaine se fait par contact de la peau (souvent blessée ou abîmée) ou des muqueuses avec une eau stagnante ou un sol humide contaminés. La maladie est endémique à La Réunion, avec un pic saisonnier qui suit classiquement la saison des pluies et des cyclones (janvier à mai).
Santé publique France indique que le niveau actuel est inédit depuis le début de la surveillance sur l’île. Le contexte est cohérent avec une saison cyclonique 2025-2026 marquée et une mise en eau prolongée des terrains agricoles, des ravines et des bassins. Le profil-type des personnes contaminées reste celui des activités à risque : agriculteurs et planteurs de canne, ouvriers du BTP exposés à la boue, randonneurs et pratiquants de sports d’eau vive (canyoning, randonnée aquatique), pêcheurs en rivière, agents d’entretien des espaces publics.
Les symptômes apparaissent généralement 7 à 14 jours après l’exposition. Ils débutent par une phase pseudo-grippale : fièvre élevée et brutale, maux de tête intenses, douleurs musculaires (mollets en particulier), troubles digestifs, parfois jaunisse. Certaines formes évoluent vers une atteinte rénale ou hépatique grave nécessitant une hospitalisation en réanimation. La leptospirose se traite par antibiotiques (doxycycline ou amoxicilline) d’autant plus efficacement qu’ils sont administrés tôt.
Dengue : plusieurs foyers actifs
Plusieurs foyers de dengue sont signalés simultanément sur l’île. La dengue est une maladie virale transmise par le moustique Aedes albopictus (le “moustique tigre”), bien implanté à La Réunion. La situation sanitaire 974 connaît des vagues épidémiques récurrentes depuis 2018, certaines très importantes (cf. prévention dengue et chikungunya).
Les symptômes classiques associent fièvre élevée, douleurs articulaires et musculaires intenses (d’où le nom “grippe tropicale”), maux de tête, éruption cutanée parfois. Une deuxième infection par un sérotype différent expose à un risque accru de forme grave (dengue hémorragique, choc dengue), qui justifie une consultation rapide en cas de signes d’aggravation (saignements, douleurs abdominales, vomissements répétés). Il n’existe pas de traitement spécifique : la prise en charge est symptomatique, en évitant aspirine et anti-inflammatoires qui aggravent le risque hémorragique.
Mpox : deux nouveaux cas
Le bulletin signale deux nouveaux cas de Mpox (anciennement “variole du singe”) détectés entre les semaines 18 et 19 (début mai 2026). La maladie est une infection virale transmise par contact rapproché avec les lésions cutanées d’une personne infectée, les liquides corporels, ou indirectement par des objets contaminés. La transmission par voie aérienne reste possible mais limitée.
Les symptômes associent fièvre, éruption cutanée caractéristique (vésicules puis croûtes), adénopathies (ganglions enflés), fatigue. La maladie est généralement bénigne mais peut être plus sévère chez les personnes immunodéprimées ou les enfants. Un vaccin existe (utilisé en pré-exposition pour les personnes à risque et en post-exposition). À La Réunion, la stratégie de vaccination est coordonnée par l’ARS Océan Indien.
Pourquoi cette superposition est inhabituelle
La superposition simultanée d’un pic de leptospirose, de foyers de dengue, de nouveaux cas de Mpox, et d’une vigilance hantavirus impose un effort de surveillance important à l’ARS et aux laboratoires (cf. laboratoires de biologie médicale). C’est aussi un test pour le système de soins local, dont la capacité d’accueil en réanimation peut être mise à contribution si plusieurs pathologies graves se cumulent. Le groupe Runésens (grève illimitée à la Clinique Les Flamboyants Est) et l’ensemble du dispositif sanitaire public et privé sont concernés.
Prévention pratique
Pour la leptospirose, éviter les baignades dans les ravines et rivières après de fortes pluies. Porter des bottes et des gants pour les travaux agricoles ou de débroussaillage en zone humide. Protéger toute plaie ou écorchure avec un pansement étanche avant de manipuler de la terre ou de l’eau. Lutter contre les rongeurs (étanchéité des locaux, élimination des points d’eau et de nourriture accessibles).
Pour la dengue, supprimer les gîtes larvaires autour du domicile : vider toutes les eaux stagnantes (soucoupes de pots, gouttières bouchées, déchets, bidons à ciel ouvert) au moins une fois par semaine. Utiliser des répulsifs cutanés efficaces et des moustiquaires, en particulier pour les enfants et les personnes vulnérables.
Pour le Mpox, éviter les contacts rapprochés avec une personne présentant des lésions cutanées suspectes. Se rapprocher de son médecin ou d’un centre de santé sexuelle en cas d’exposition. Discuter d’une éventuelle vaccination avec un professionnel pour les personnes à risque.
En cas de fièvre prolongée, de douleurs musculaires intenses, d’éruption cutanée ou de tout symptôme inhabituel après une exposition possible, consulter un médecin sans attendre et signaler le contexte (activité à risque pour la leptospirose, piqûres de moustique pour la dengue, contact pour le Mpox).
Suivre
- ARS Océan Indien : bulletins de surveillance et alertes sanitaires
- Santé publique France : bulletins épidémiologiques hebdomadaires régionaux
- CHU de La Réunion : signalements de cas graves et capacités de réanimation
- Médias locaux : Imazpress, Zinfos974, Le Quotidien, La 1ère
