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Nappes phréatiques de La Réunion : ressources souterraines

Comprendre les nappes phréatiques de La Réunion : géologie basaltique, piézomètres BRGM, état des ressources, niveau actuel et tendance long terme.

L’essentiel

Les nappes phréatiques de La Réunion fournissent une part importante de l’eau potable distribuée sur l’île. Le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) suit leur niveau via des piézomètres répartis stratégiquement. Les nappes basaltiques de La Réunion sont abondantes (le sous-sol est riche en réservoirs), mais leur recharge dépend des pluies, et leur exploitation doit rester durable. 974.live intègre les niveaux piézométriques dans son panel Nappes, permettant de suivre l’état des ressources souterraines au quotidien.

La géologie de l’eau souterraine

La Réunion est une île volcanique basaltique. Cette géologie a des implications directes sur l’eau souterraine :

Roches perméables

Les basaltes présentent de nombreuses fissures, cavités, tubes de lave créés par le refroidissement des coulées. Ces vides stockent l’eau et permettent sa circulation. Selon la zone :

Piton des Neiges et Piton de la Fournaise

Les deux volcans ont créé des réservoirs distincts : les nappes des hauts du nord-ouest viennent du Piton des Neiges (volcan ancien), celles du sud-est du Piton de la Fournaise (jeune et actif).

Recharge

Les pluies tombées sur l’île percolent dans les sols et alimentent les nappes. Recharge typique : plusieurs centaines de millions de m³ par an. Mais l’évaporation, le ruissellement de surface vers l’océan, et l’écoulement direct dans les rivières limitent la part réellement stockée.

Le rôle des piézomètres BRGM

Un piézomètre est un puits instrumenté qui mesure la profondeur de la nappe sous la surface. Le BRGM opère un réseau d’environ 15 à 20 piézomètres stratégiques à La Réunion, mesurant :

Les données sont ouvertes, accessibles via :

Lecture des niveaux

Variations saisonnières normales

Période Comportement typique
Janvier-mars (saison humide) Recharge : niveau monte
Avril-juin Maximum saisonnier, stabilité
Juillet-octobre (saison sèche) Baisse progressive
Novembre-décembre Niveau bas, attente recharge

Variations annuelles typiques de plusieurs mètres entre maximum et minimum saisonniers selon les nappes.

Niveau “anormal”

Comparaison avec normales

Le BRGM publie des valeurs de référence par piézomètre, permettant de juger si le niveau actuel est élevé, normal, bas, ou très bas par rapport aux 30 dernières années.

Usage des nappes

Eau potable

Une part majoritaire de l’eau distribuée à La Réunion provient des nappes (le reste vient des sources de surface et prises en rivière). Les opérateurs (Runéo, CISE, etc., cf. guide coupures eau) pompent dans ces nappes via leurs forages dédiés.

Agriculture

L’irrigation des cultures (canne à sucre, maraîchage, ananas) consomme d’importants volumes, pompés souvent en nappe, parfois en rivière. La canne en particulier représente une consommation significative.

Industrie

Quelques industries (agroalimentaire, sucreries en saison) prélèvent en nappe.

Tourisme

Hôtels, piscines, golfs : usages plus modestes mais cumulatifs.

Risques et enjeux

Salinisation

Sur la côte, un pompage excessif peut provoquer une intrusion d’eau de mer dans les nappes. Le BRGM surveille cette conductivité électrique sur certains piézomètres côtiers.

Surexploitation

Sur certaines zones (côte ouest, Saint-Pierre), la consommation peut dépasser la recharge naturelle sur certaines années. Le suivi piézométrique permet d’ajuster les autorisations de pompage par les autorités (Préfecture, Office de l’Eau).

Pollution

Les nappes peuvent être contaminées par :

Le contrôle qualité est assuré par l’ARS.

Changement climatique

Les projections indiquent :

Office de l’Eau Réunion

L’Office de l’Eau est l’établissement public régional qui :

Site : eaureunion.fr.

FAQ

Combien y a-t-il de piézomètres à La Réunion ?

Environ 15 à 20 opérationnels, gérés par le BRGM. Réseau moins dense qu’en métropole (territoire moins étendu, géologie spécifique), mais stratégiquement bien placé.

Les nappes sont-elles infinies ?

Non. Elles ont une capacité limitée par la recharge annuelle. Si l’on pompe plus que ce qui est rechargé, le niveau baisse durablement. Gestion durable nécessaire.

Combien d’années met une eau pour atteindre la nappe ?

Variable selon profondeur, géologie, perméabilité. Quelques semaines pour les nappes superficielles. Des années à décennies pour les nappes profondes du fond du bassin.

Peut-on creuser un puits chez soi ?

Réglementation stricte. Déclaration obligatoire à la Préfecture pour tout forage > 10 m. Déclaration en mairie pour les puits superficiels privés. Prélèvements limités selon arrêté.

Y a-t-il des sources naturelles potables ?

Oui, plusieurs sources de captage anciennes. Mais qualité non contrôlée systématiquement. Préférer l’eau du réseau public, sauf source spécifiquement validée.

Pourquoi l’eau de Cilaos est-elle différente ?

Cilaos a son réseau d’eau locale issu de sources et nappes du cirque. Géologie volcanique récente, eau souvent légèrement minéralisée (lentilles AOP, vins du cirque témoignent du sol particulier).

Les nappes peuvent-elles s’épuiser ?

Théoriquement oui sur le long terme avec surexploitation. Le suivi piézométrique vise à anticiper et éviter ce scénario.

Quel est le niveau actuel des nappes ?

Variable selon piézomètre. 974.live , panel Nappes affiche les niveaux actuels par site. Le BRGM publie aussi un bulletin trimestriel.

Sources externes