Saint-Benoît : pesticides dans l'eau, la Cise Réunion installe une citerne et distribue des packs
Présence de pesticides dans le réseau d'eau potable à Saint-Benoît en mai 2026. La Cise Réunion installe une citerne au chemin Pêche et distribue des packs d'eau. Périmètre concerné, conduite à tenir, contexte qualité de l'eau à La Réunion.
L’essentiel
La présence de pesticides dans le réseau d’eau potable à Saint-Benoît se poursuit en mai 2026, selon Linfo.re et Imazpress. La Cise Réunion, opérateur de l’eau pour la commune, a annoncé le vendredi 15 mai de nouvelles mesures pour les abonnés concernés, comme le détaille Zinfos974 et Le Quotidien.
« La Cise installe une nouvelle citerne et distribue des packs d’eau après la présence de pesticides dans l’eau » , Zinfos974, citant Cise Réunion, 15 mai 2026
Une citerne est installée au chemin Pêche et des packs d’eau sont distribués auprès des familles. Les autorités sanitaires (ARS) et la mairie suivent l’évolution de la qualité de l’eau jusqu’au retour à des valeurs conformes.
La situation et le périmètre concerné
L’alerte pesticides sur l’eau du robinet à Saint-Benoît a été émise dans le courant du mois de mai 2026 par les services sanitaires, après détection de valeurs supérieures aux seuils réglementaires sur certains captages alimentant le réseau de distribution. La Cise Réunion (filiale du groupe Saur, délégataire du service public de l’eau pour la commune) gère la mise en oeuvre des mesures correctives en lien avec l’ARS Océan Indien, la mairie et la préfecture.
Le périmètre concerné est précisé par la Cise dans ses communications aux abonnés. À ce stade, le chemin Pêche est l’un des secteurs identifiés comme prioritaires, avec installation d’une citerne d’eau potable et distribution de packs d’eau auprès des familles. Les autres secteurs desservis par la même unité de distribution peuvent également être touchés selon la qualité mesurée sur leurs points de prélèvement.
Que sont les pesticides détectés
Les pesticides susceptibles d’être détectés dans une eau potable sont des substances chimiques utilisées en agriculture, en traitement des espaces verts et plus rarement en lutte antivectorielle. Sur un territoire agricole comme l’Est de La Réunion (cannes à sucre, cultures maraîchères, fruits), les molécules typiquement surveillées incluent les herbicides (glyphosate, atrazine et ses produits de dégradation, métolachlore), les insecticides et les fongicides.
La réglementation française (arrêté du 11 janvier 2007 et textes ultérieurs) fixe une valeur réglementaire très basse pour chaque pesticide pris séparément (0,1 µg/L) et pour la somme de tous les pesticides détectés (0,5 µg/L). Le dépassement de cette limite déclenche une information des consommateurs et la mise en place de mesures de gestion : restriction d’usage, dilution, traitement complémentaire, livraison d’eau alternative pour les usages sensibles (boisson, préparation des repas, biberons, dialyse à domicile).
L’ARS Océan Indien publie sur son site les bulletins d’analyse de l’eau distribuée commune par commune (cf. site eaudurobinet.re).
Conduite à tenir pour les habitants
Tant que la non-conformité est en vigueur, les habitants des secteurs concernés sont invités à utiliser l’eau de la citerne ou les packs distribués pour les usages sensibles : boisson, préparation des biberons, cuisine (préparations consommées sans cuisson, soupes, jus). L’eau du robinet peut généralement rester utilisée pour la toilette, la vaisselle et le nettoyage sans risque immédiat, sauf indication contraire de l’ARS.
Pour les personnes vulnérables (femmes enceintes, nourrissons, personnes immunodéprimées, malades chroniques), la prudence est renforcée : privilégier exclusivement l’eau distribuée par la Cise jusqu’au retour à la conformité, et signaler toute symptomatologie inhabituelle à son médecin traitant.
Les lieux de distribution de packs d’eau et l’emplacement précis de la citerne sont communiqués par la Cise Réunion via ses canaux habituels : site web, affichage en mairie, alertes SMS (pour les abonnés inscrits), réseaux sociaux de la commune. La mairie de Saint-Benoît relaie également ces informations.
Pourquoi le sujet est récurrent
La présence de pesticides dans les eaux brutes utilisées pour produire l’eau potable est un problème récurrent des territoires agricoles, en particulier dans les plaines de l’Est et du Nord de La Réunion, où les cultures de cannes dominent. Les molécules utilisées en surface peuvent percoler vers les nappes phréatiques ou être lessivées par les pluies vers les prises d’eau de surface (cf. nappes phréatiques et ressources en eau).
La gestion repose sur trois leviers complémentaires. La prévention : limitation des usages de certaines molécules à proximité des périmètres de protection de captage, alternatives agronomiques. Le traitement : ajout d’étapes de potabilisation (filtres au charbon actif, traitements spécifiques) sur les usines de production d’eau. La surveillance : analyses régulières par les laboratoires agréés, alerte et information du public en cas de dépassement.
L’épisode actuel fait écho à d’autres alertes récentes sur la qualité de l’eau, comme la dégradation de l’eau à Salazie constatée plus tôt en mai 2026.
Le contexte sanitaire mi-mai 2026
Cet épisode survient dans un contexte sanitaire chargé à La Réunion : pic de leptospirose, foyers de dengue, Mpox, vigilance hantavirus, tensions dans la santé privée avec la grève à la Clinique Les Flamboyants Est. La superposition de ces enjeux mobilise fortement l’ARS Océan Indien et l’ensemble du dispositif sanitaire local.
Suivre
- Cise Réunion : alertes abonnés (site, SMS, réseaux sociaux)
- Mairie de Saint-Benoît : relais des distributions de packs et de la citerne
- ARS Océan Indien : bulletins d’analyse et seuils réglementaires (eaudurobinet.re)
- Médias locaux : Linfo.re, Imazpress, Zinfos974, Le Quotidien
