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Ebola : La Réunion et Mayotte renforcent leur vigilance face à l'épidémie en RDC

Concertation des autorités sanitaires de La Réunion et Mayotte face à l'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo en mai 2026. L'OMS classe la situation en 'urgence internationale'. Transmission, prévention, dispositif local.

Vigilance Ebola à La Réunion et Mayotte face à l'épidémie en RDC (source : La 1ère)

L’essentiel

Les autorités sanitaires de La Réunion et de Mayotte se sont concertées le 18 mai 2026 à l’ARS pour faire le point sur l’épidémie d’Ebola qui progresse en République démocratique du Congo (RDC), selon La 1ère et Linfo.re. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a placé la situation au niveau d’urgence internationale, comme le confirme Linfo.re.

« Une réunion se tient cet après-midi à l’ARS afin de faire le point sur l’épidémie d’Ebola qui progresse en République démocratique du Congo. À Mayotte, spécialistes et élus redoutent déjà les conséquences d’une éventuelle importation du virus sur l’île » , La 1ère / France Info, 18 mai 2026

À La Réunion, le dispositif de vigilance sanitaire est renforcé mais aucune circulation du virus n’est constatée à ce stade. L’OMS a ouvert son Assemblée annuelle sur fond d’hantavirus et d’Ebola, selon Imazpress.

Qu’est-ce qu’Ebola

La maladie à virus Ebola est une fièvre hémorragique virale sévère, causée par les virus du genre Ebolavirus (famille des Filoviridae). Identifiée pour la première fois en 1976 dans le bassin du Congo, elle est endémique de plusieurs régions d’Afrique sub-saharienne où elle provoque des épidémies récurrentes. Le réservoir naturel est probablement la chauve-souris frugivore, avec une transmission à l’homme par contact avec des animaux sauvages infectés (primates non humains, antilopes) ou leurs cadavres.

La transmission interhumaine se fait par contact direct avec les fluides corporels (sang, salive, sueur, vomissements, selles, lait maternel, sperme) d’une personne symptomatique ou décédée, ou avec des surfaces contaminées. La maladie n’est pas transmise par l’air en temps normal. Les soignants et les proches des malades constituent le public le plus à risque.

Les symptômes apparaissent généralement 2 à 21 jours après l’exposition. La maladie débute par une fièvre élevée, des maux de tête, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de gorge, suivis de vomissements, diarrhées, éruptions cutanées et, dans les formes graves, hémorragies internes et externes. La mortalité varie selon les souches et la prise en charge, de 25 % à 90 % dans les épidémies historiques.

Un vaccin (Ervebo) est disponible pour les professionnels exposés et est utilisé en vaccination en anneau autour des cas confirmés. Des traitements par anticorps monoclonaux ont été validés récemment et réduisent fortement la mortalité quand ils sont administrés tôt.

L’épidémie en RDC

La République démocratique du Congo fait face à une nouvelle vague épidémique depuis le début de l’année 2026. La progression géographique du virus et le nombre croissant de cas confirmés ont conduit l’OMS à élever le niveau d’alerte à celui d’“urgence de santé publique de portée internationale”. Ce niveau, le plus élevé de la classification OMS, impose une coordination internationale renforcée : surveillance, partage d’informations, mobilisation des moyens de diagnostic et de traitement, vigilance aux frontières et dans les transports internationaux.

L’OMS a ouvert son Assemblée annuelle 2026 sur ce fond d’Ebola et d’hantavirus, comme l’a relevé Imazpress dans son édition du 18 mai. Le directeur général de l’OMS a rappelé que la vigilance sanitaire mondiale doit rester forte malgré les retraits américains récents de certains programmes internationaux de surveillance.

Pourquoi La Réunion et Mayotte sont concernées

Les deux départements français de l’océan Indien entretiennent des liens réguliers avec l’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale, à travers les vols internationaux (escales, transits via Maurice, Madagascar, Comores, Tanzanie, Kenya), les liaisons maritimes, et les mobilités familiales et professionnelles. Mayotte, en particulier, est en proximité immédiate des Comores et de la côte est-africaine, ce qui en fait un point de vigilance prioritaire.

L’ARS Océan Indien a engagé une concertation entre les deux territoires pour partager les protocoles, harmoniser les dispositifs de filtrage aux points d’entrée (aéroports, ports) et préparer les plans d’urgence en cas de suspicion de cas importé. Les CHU de Saint-Denis (Bellepierre) et de Saint-Pierre, ainsi que le CHM de Mayotte, disposent de chambres d’isolement pour la prise en charge des fièvres hémorragiques.

Aucun cas d’Ebola n’a été détecté à La Réunion ni à Mayotte à ce stade. La situation est uniquement préventive et préparée par les services compétents.

Le dispositif local

Le dispositif de vigilance à La Réunion repose sur plusieurs leviers. La surveillance des voyageurs en provenance de zones à risque, avec questionnaires et contrôle de température aux points d’entrée (Roland Garros, Pierrefonds). L’information des professionnels de santé (médecins, urgentistes, biologistes) sur les signes d’alerte et la conduite à tenir en cas de suspicion. La disponibilité des tests diagnostiques (PCR Ebola) dans les laboratoires de référence de l’Institut Pasteur et du CHU de La Réunion (cf. laboratoires de biologie médicale). Les stocks d’équipements de protection individuelle (combinaisons étanches, masques FFP3, gants doubles) dans les hôpitaux.

L’ARS publie sur son site des mises à jour régulières des consignes, à destination des professionnels et du grand public.

Conduite à tenir pour les voyageurs

Pour les voyageurs se rendant en zone Ebola (RDC, pays limitrophes selon évolution) : consulter un médecin ou un centre de vaccinations internationales avant le départ, éviter le contact avec les animaux sauvages et leurs carcasses, ne pas consommer de viande de brousse, respecter strictement les règles d’hygiène (lavage des mains).

Au retour d’une zone à risque, surveiller son état de santé pendant 21 jours. En cas de fièvre, maux de tête ou symptômes inhabituels : ne pas se rendre directement aux urgences mais appeler le 15 en signalant le voyage et le contexte. Le SAMU organisera la prise en charge en respectant les précautions d’isolement nécessaires.

Le contexte santé en mai 2026

Cet épisode complète un bulletin sanitaire 974 chargé : pic de leptospirose, foyers de dengue, Mpox, vigilance hantavirus, grève à la Clinique Les Flamboyants Est, incendie au CHU de Bellepierre, désertification dentaire dans l’Est. La superposition des enjeux mobilise fortement l’ARS et le système de soins local.

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