Une 'zone à éviter' créée autour de La Réunion pour protéger les cétacés des collisions maritimes
L'Organisation maritime internationale a approuvé une 'zone à éviter' (ATBA) autour de La Réunion pour réduire les collisions entre les grands cétacés et les navires de charge de plus de 300 tonneaux en transit. Annoncée par Globice le 4 juin 2026, elle entrera en vigueur sous six mois.
L’essentiel
Une « zone à éviter » (ATBA, Area To Be Avoided) a été délimitée autour de La Réunion pour limiter les collisions entre le trafic maritime et les grands cétacés, annonce Globice le jeudi 4 juin 2026, selon La 1ère et Free Dom. La mesure vise principalement les navires de charge de plus de 300 tonneaux en transit, sans escale prévue à La Réunion. Elle a été définitivement approuvée par le Maritime Safety Committee (MSC) de l’Organisation maritime internationale (OMI), réuni du 13 au 22 mai 2026. Elle entrera en vigueur sous six mois et sera publiée dans les instructions nautiques. Le projet a été porté par Thomas Rostaing, ancien directeur du CROSS Réunion et expert en sécurité maritime à la Commission de l’Océan Indien.
Qu’est-ce qu’une zone à éviter
Une « zone à éviter » (ATBA, Area To Be Avoided) est une mesure d’organisation du trafic maritime reconnue au niveau international. Elle recommande aux navires, notamment les plus gros, de ne pas pénétrer dans un périmètre délimité, pour des raisons de sécurité ou de protection de l’environnement.
À La Réunion, la zone vise principalement les navires de charge de plus de 300 tonneaux en transit, c’est-à-dire ceux qui passent au large sans escale prévue sur l’île. L’objectif est triple : réduire les risques d’échouement, limiter la pollution marine et surtout diminuer les collisions avec les cétacés présents dans les eaux réunionnaises.
Pourquoi cette mesure maintenant
La mesure répond à une double évolution préoccupante : le trafic maritime augmente dans la zone, et la taille des navires dans le bassin des Mascareignes croît également. Plus de navires, plus gros, signifie un risque accru de collision avec les grands cétacés comme les baleines à bosse (présentes de juin à octobre, cf. observer les baleines à bosse) ou les baleines à bec (cf. baleines à bec de Blainville observées par Globice).
Les collisions avec les navires sont l’une des principales causes de mortalité des grands cétacés à l’échelle mondiale. Un choc avec un navire de plusieurs milliers de tonnes est souvent fatal pour l’animal, et peut passer inaperçu de l’équipage.
« La zone proposée éloigne les navires des côtes les plus exposées aux vents, courants et houles, notamment au sud et à l’est de l’île. Elle permet également de limiter les interactions avec les activités de pêche et les habitats de mammifères marins » , Globice, 4 juin 2026
Un long parcours réglementaire
La création d’une ATBA suit un processus international rigoureux, piloté par l’Organisation maritime internationale (OMI), l’agence des Nations unies chargée de la sécurité maritime. Le projet réunionnais a connu plusieurs étapes :
- Mars 2024 : dépôt du projet auprès de l’OMI
- 2025 : avis favorable du sous-comité NCSR (Sub-committee on Navigation, Communications and Search and Rescue)
- 13 au 22 mai 2026 : approbation définitive par le Maritime Safety Committee (MSC)
Cette validation au plus haut niveau confère à la zone une reconnaissance internationale : elle sera intégrée aux instructions nautiques mondiales, que consultent tous les navires de commerce.
Le rôle de Globice et de Thomas Rostaing
L’annonce émane de Globice Réunion, l’association de référence pour l’étude et la protection des cétacés dans les eaux réunionnaises, déjà à l’origine de récentes observations remarquables (cf. baleines à bec de Blainville).
Le projet a été porté par Thomas Rostaing, ancien directeur du CROSS Réunion (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage) et expert en sécurité maritime à la Commission de l’Océan Indien (COI). Sa double compétence, sécurité maritime et connaissance régionale, a été déterminante pour faire aboutir un dossier technique complexe au sein des instances de l’OMI.
Une avancée pour la biodiversité marine
La création de cette zone à éviter est saluée comme une « bonne nouvelle pour les mammifères marins ». Elle s’inscrit dans une démarche plus large de protection de la biodiversité marine de l’océan Indien, où La Réunion occupe une position stratégique sur les routes migratoires des cétacés.
La mesure complète les dispositifs existants d’encadrement de l’observation des cétacés (distances d’approche, charte) et de protection des espèces. Elle illustre la possibilité de concilier activité économique (le trafic maritime reste essentiel à l’approvisionnement de l’île) et préservation des écosystèmes.
Suivre
- Globice Réunion : observation et protection des cétacés
- OMI : Organisation maritime internationale
- CROSS Réunion : surveillance et sauvetage en mer
- Commission de l’Océan Indien (COI) : coopération régionale
- Médias locaux : La 1ère, Free Dom, Imazpress, Le Quotidien

