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Dauphins en danger à La Réunion : enchevêtrement de fils de pêche, alerte des associations

Les associations alertent : les dauphins sont en danger à La Réunion à cause des enchevêtrements de fils de pêche. Espèces concernées, gestes simples, signalement.

Dauphins enchevêtrés dans des fils de pêche à La Réunion (source : Linfo.re)

L’essentiel

L’association Globice Réunion tire la sonnette d’alarme après deux interventions menées en avril 2026 au large de l’ouest de l’île, sur des dauphins côtiers retrouvés prisonniers de lignes de pêche synthétiques. En l’espace d’une vingtaine de jours seulement, deux animaux ont été enchevêtrés dans ce type de matériel, ce que les spécialistes qualifient de “danger extrême”. Le phénomène, longtemps discret, devient désormais récurrent et menace directement la biodiversité marine réunionnaise.

Ce que dénonce Globice

Selon Globice, le problème central est “l’abandon de ce type de ligne synthétique très résistante en bord de littoral, qui crée de véritables pièges ancrés au corail ou aux rochers et peuvent être fatals aux dauphins côtiers”. Les deux interventions menées en avril mettent en lumière un danger discret mais potentiellement mortel pour les cétacés du littoral. Les images diffusées par l’association montrent des animaux gênés par des fils enserrant la gueule ou les nageoires, parfois avec des hameçons encore accrochés.

Les médias locaux (Imazpress, Le Quotidien, Réunion La 1ère, Linfo, Freedom) ont relayé l’alerte ces derniers jours, soulignant la nécessité d’une prise de conscience rapide dans une île dont la réputation maritime repose en partie sur la richesse de ses eaux.

Les espèces concernées

À La Réunion, plusieurs espèces de dauphins sont régulièrement observées le long des côtes :

Toutes ces espèces sont protégées par la réglementation française et par les conventions internationales sur la faune marine.

Pourquoi les fils de pêche sont si dangereux

Le mécanisme d’accident est simple. Les lignes abandonnées ou perdues en mer, les filets dérivants ou coincés, les nappes de monofilament quasi invisibles dans l’eau et les hameçons encore accrochés constituent autant de pièges discrets. Ces matériaux synthétiques sont particulièrement résistants et persistent longtemps dans le milieu marin, ce qui les rend redoutables pour les cétacés vivant à proximité du littoral.

Les dauphins côtiers évoluent en surface et plongent fréquemment, ce qui les amène à croiser régulièrement ces filaments. Les conséquences sont multiples : lacérations de la peau, des nageoires ou de la queue, restriction des mouvements lorsque les lignes enserrent la gueule ou les ailerons, et risque de noyade si l’animal est empêché de remonter respirer. Quand le secours n’intervient pas, les blessures se surinfectent et la fin est lente et douloureuse.

Globice rappelle que plusieurs individus suivis localement portent désormais des marques durables, certains avec des fils encore présents sur le corps. La récurrence du phénomène sur des animaux identifiés montre que ce n’est pas un cas isolé mais une menace de fond sur la population.

Les gestes qui sauvent

Pour les pêcheurs

La première règle est de ne jamais abandonner une ligne ou un filet en mer. Tout filament, même cassé, doit être ramené à terre. Les filets perdus doivent être récupérés autant que possible, et toute perte significative signalée au comité de pêche. Le choix d’hameçons sans ardillon facilite par ailleurs la récupération naturelle par l’animal en cas d’accident.

Pour les plaisanciers

Avant de jeter une ligne, il est utile de surveiller la zone pour vérifier l’absence de cétacés. Le matériel doit être systématiquement récupéré en fin de session. Les filets dérive sont interdits et toute pratique douteuse peut être signalée aux autorités.

Pour le grand public

Sur les plages, ramasser les fragments de fils rencontrés contribue directement à réduire le risque. Relayer les bonnes pratiques auprès de son entourage participe de la même logique de prévention.

Si vous observez un dauphin en détresse

La première règle est de ne pas s’approcher de l’animal : le stress aggrave la situation et peut le faire fuir vers une zone où le secours sera impossible. Photographier à distance permet aux associations d’identifier l’individu, et noter une localisation précise (coordonnées GPS ou repère côtier) facilite l’intervention.

Les structures à contacter :

Le contexte plus large

Les enchevêtrements ne sont qu’un facteur parmi d’autres dans les menaces qui pèsent sur les cétacés réunionnais. La pollution sonore sous-marine liée au trafic maritime et aux activités humaines modifie leur comportement. La pollution chimique, dont les microplastiques, contamine la chaîne alimentaire. Les collisions avec les navires restent une cause directe de mortalité, et un tourisme nautique mal régulé entraîne sur-fréquentation et dérangement. À l’arrière-plan, le changement climatique modifie les habitats et la disponibilité des proies.

Voir aussi le guide baleines à bosse pour comprendre l’écosystème marin de La Réunion plus largement.

Réglementation

À La Réunion, l’observation des cétacés est encadrée par la Charte d’approche responsable. Elle impose une distance minimale d’approche selon l’espèce, une vitesse limitée, un nombre de bateaux limité autour d’un même groupe, l’interdiction de la baignade au milieu d’un groupe et l’interdiction du nourrissage. Le non-respect de ces règles est sanctionné, conformément à l’arrêté préfectoral en vigueur.

Suivre

Pour suivre la situation, plusieurs structures publient régulièrement des informations : Globice pour le suivi scientifique des cétacés, la Réserve Marine de La Réunion pour la protection du littoral, la DEAL Réunion pour la politique biodiversité, et 974.live pour l’agrégation des actualités environnement.

Sources externes