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Des baleines à bec de Blainville observées au large de Saint-Pierre par Globice

Les équipes de Globice Réunion ont observé des baleines à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris) au large de Saint-Pierre le week-end du 30-31 mai 2026. Une rencontre rare avec ce cétacé discret, plongeur extrême capable de descendre à 1 400 m pendant 80 minutes.

Baleines à bec de Blainville observées au large de Saint-Pierre par Globice (source : Linfo.re)

L’essentiel

Au cours de prospections au large de Saint-Pierre, le week-end du 30 au 31 mai 2026, les équipes de Globice Réunion ont fait une belle rencontre : des baleines à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris) qui semblaient apprécier la zone, selon Linfo.re, Imazpress, Le Quotidien et Free Dom. Il s’agit d’une observation rare : ce cétacé discret est l’un des plongeurs les plus extrêmes du monde marin, capable de descendre à 1 400 mètres de profondeur pendant 80 minutes. La précédente observation marquante au large de Saint-Pierre remontait à novembre 2021.

La baleine à bec de Blainville, un cétacé méconnu

La baleine à bec de Blainville (Mesoplodon densirostris) est la plus grande des baleines du genre Mesoplodon (les mésoplodons) et probablement la mieux documentée. C’est un mammifère marin de taille moyenne : entre 3,7 et 5,8 mètres de long pour un poids de 700 à 1 030 kg.

Sa morphologie est distinctive : un melon aplati, un bec long et étroit, et une boursouflure caractéristique à l’avant de l’œil. Chez les mâles adultes, l’arrière de la mâchoire inférieure est fortement arqué et surmonté d’une paire de dents pointant vers l’avant. L’espèce tire son nom des os extrêmement denses de son rostre (densirostris signifie « au bec dense »), une particularité qui constituerait une protection lors des affrontements entre mâles.

Un plongeur extrême

La baleine à bec de Blainville fait partie des plus grands plongeurs parmi les mammifères marins. Elle est capable de plonger jusqu’à 1 400 mètres de profondeur et de rester en apnée jusqu’à 80 minutes. Elle évolue de préférence dans des eaux chaudes (entre 10 et 32 °C) et à des profondeurs comprises entre 500 et 1 000 mètres.

Ces plongées profondes servent à chasser : l’espèce se nourrit principalement de calmars et de poissons démersaux (vivant près du fond), occasionnellement d’autres invertébrés. C’est précisément ce comportement de grand fond qui rend l’espèce si difficile à observer en surface, où elle ne passe que de courts moments pour respirer entre deux plongées.

Pourquoi cette observation est rare

Les baleines à bec sont parmi les cétacés les plus discrets et les moins observés au monde. Contrairement aux baleines à bosse, qui fréquentent les eaux réunionnaises de manière saisonnière et bien visible (cf. observer les baleines à bosse de juin à octobre), les mésoplodons passent l’essentiel de leur temps en profondeur, loin des côtes, et n’effectuent pas de sauts spectaculaires.

Le fait que les baleines « semblaient apprécier la zone » au large de Saint-Pierre suggère la présence de conditions favorables (profondeur, ressources alimentaires) dans ce secteur du Sud de l’île. La bordure océanique réunionnaise, où les fonds plongent rapidement à plusieurs centaines de mètres près des côtes, offre un habitat propice à ces espèces de grand fond.

Le rôle de Globice

L’observation est l’œuvre des équipes de Globice Réunion (Groupe Local d’Observation et d’Identification des Cétacés), l’association de référence pour l’étude et la protection des cétacés dans les eaux réunionnaises. Globice mène des prospections régulières en mer, documente les espèces présentes (baleines à bosse, dauphins, cachalots, baleines à bec) et contribue à la connaissance scientifique de la faune marine de l’océan Indien.

Chaque observation de baleine à bec enrichit les données sur une espèce encore mal connue, et permet de mieux comprendre l’usage que ces cétacés font des eaux réunionnaises. Les données collectées alimentent les programmes de conservation et la sensibilisation du public.

Pour observer les cétacés en respectant la faune

L’observation des cétacés à La Réunion est encadrée pour protéger les animaux. Quelques règles essentielles :

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Sources externes