Sucre : la crise de Bois-Rouge oppose les planteurs à Tereos
Pannes à l'usine de Bois-Rouge : la FDSEA dénonce une gestion « calamiteuse » de Tereos et défend les planteurs face à la crise sucrière.
L’essentiel
La campagne sucrière vire à la crise à l’usine de Bois-Rouge, à Saint-André, où les ralentissements dans la réception des cannes se poursuivent depuis près de deux semaines, selon Le Quotidien, Linfo.re, Free Dom, Imazpress et Clicanoo. La FDSEA dénonce une gestion « calamiteuse » de Tereos et refuse que les planteurs servent de « boucs émissaires », alors que l’industriel met en cause la pureté des cannes livrées. Le syndicat réclame une contre-expertise et l’indemnisation des planteurs (cf. le lancement de la campagne).
Une usine qui n’absorbe pas la récolte
Depuis le début de la campagne, l’usine de Bois-Rouge connaît une succession de dysfonctionnements : pannes à répétition, gestion « au coup par coup », et désormais un nouvel ajustement des livraisons. En fin de semaine, les centres de réception de Beaufonds, La Mare, Ravine Glissante et Pente Sassy fonctionnent en alternance, les tonnages admis sont réduits et l’usine est totalement fermée le samedi.
Pour la FDSEA, c’est le signe d’une impréparation industrielle, d’autant plus problématique que les conditions sont favorables : les tonnages sont en hausse cette année et les planteurs assurent leurs livraisons. Le syndicat estime que la sucrerie est tout simplement incapable d’absorber les volumes récoltés, et s’interroge sur la capacité de l’outil à traiter une récolte de deux millions de tonnes si cet objectif était atteint.
Planteurs contre industriel
Le conflit a pris un tour politique. Tereos attribue une partie des difficultés à la pureté des cannes livrées. La FDSEA conteste fermement cette thèse et refuse que les planteurs deviennent les « boucs émissaires » d’une crise qu’elle impute à la gouvernance de l’usine, avec trois directeurs qui se sont succédé sans résoudre les problèmes.
Le syndicat réclame une contre-expertise sur la pureté des cannes, l’indemnisation des planteurs pénalisés, et la convocation en urgence d’une Commission Paritaire de la Canne et du Sucre. Il demande des mesures d’urgence pour éviter que la campagne ne se dégrade davantage.
Une filière divisée
La crise met aussi en lumière des divergences syndicales. La CGPER et la FDSEA, deux organisations de planteurs, affichent des positions différentes sur la manière de traiter le dossier, même si toutes deux défendent les intérêts des agriculteurs. Cette dimension syndicale complique la recherche d’une réponse commune face à l’industriel.
L’épisode s’inscrit dans un climat déjà tendu au sein de la filière, après la polémique déclenchée en juillet par les propos du président de Tereos sur une éventuelle entrée des planteurs au capital (cf. la polémique « consanguinité capitalistique »). La canne reste un pilier économique de l’île, et la réussite de la campagne conditionne le revenu de milliers d’exploitations.
Suivre
- Tereos Océan Indien : fonctionnement de l’usine de Bois-Rouge
- FDSEA et CGPER : mobilisation des planteurs
- Commission Paritaire de la Canne et du Sucre : arbitrage de la filière
- Médias locaux : Le Quotidien, Linfo.re, Free Dom, Imazpress, Clicanoo

