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Logement social : la LBU pourrait chuter de 78 à 27 millions d'euros, les bailleurs réunionnais tirent la sonnette d'alarme

La Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal financement du logement social outre-mer, pourrait tomber à 27 millions d'euros en 2026 à La Réunion, contre 78 millions cette année et 85,65 millions en 2024. Avec 53 000 demandeurs en attente, l'ARMOS-OI alerte sur la paralysie de la production.

Logement social à La Réunion, alerte des bailleurs sur la baisse de la LBU (source : Imazpress)

L’essentiel

Les bailleurs sociaux de La Réunion, réunis au sein de l’ARMOS-OI, tirent la sonnette d’alarme sur une chute brutale des financements de l’État pour le logement social, selon Imazpress, Zinfos974 et Free Dom. La Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal levier de financement du logement social en Outre-mer, pourrait tomber à 27 millions d’euros en 2026 à La Réunion, contre plus de 78 millions cette année et 85,65 millions en 2024, soit près de trois fois moins en deux ans. Cette baisse intervient alors que plus de 53 000 demandeurs de logement social sont recensés sur l’île, dans un territoire où un quart de la population vit en logement social et où 36 % des familles vivent sous le seuil de pauvreté.

La LBU, levier vital du logement outre-mer

La Ligne Budgétaire Unique (LBU) est le principal outil de financement du logement social dans les Outre-mer. C’est elle qui permet de subventionner la construction et la réhabilitation des logements sociaux, en complément des prêts et des fonds propres des bailleurs.

À La Réunion, cette enveloppe suit une trajectoire descendante alarmante : 85,65 millions d’euros en 2024, plus de 78 millions en 2025, et une projection à 27 millions d’euros pour 2026. En deux ans, le financement serait ainsi divisé par plus de trois, une contraction inédite dénoncée lors du Forum de l’ARMOS-OI tenu le 10 juin 2026 au MOCA, à Saint-Denis, en présence d’élus, de représentants de l’État, de collectivités, de partenaires financiers et d’acteurs associatifs.

Une demande qui explose

Cette baisse intervient au pire moment, alors que la pression sur le logement est sans précédent. Au 31 mars 2026, plus de 53 000 demandeurs de logement social étaient recensés à La Réunion. Les projections de l’Insee estiment les besoins à 172 500 logements à l’horizon 2050.

Les bailleurs ont présenté 1 832 logements neufs et 1 162 logements à réhabiliter, représentant 70 millions d’euros de besoins de LBU déjà objectivés, un montant très largement supérieur à l’enveloppe envisagée pour 2026. Selon l’ARMOS-OI, qui fédère les sept promoteurs sociaux de l’île, à défaut d’une réponse adaptée, près de 100 000 logements pourraient manquer aux familles réunionnaises dans les 25 prochaines années.

Les conséquences redoutées

Une contraction durable des crédits aurait des effets en cascade : une chute des mises en chantier dès 2027, un allongement des délais d’attente, une réduction des rénovations programmées et une aggravation du mal-logement.

L’impact dépasse le seul toit des familles. Le logement social représente plus de 30 % de la commande publique du BTP à La Réunion : une baisse de la production menacerait donc directement l’emploi dans le bâtiment, secteur clé de l’économie locale. Un représentant de la FRBTP s’alarme d’un effondrement de la production annuelle, qui passerait de plusieurs milliers de logements à seulement 200 à 300 par an.

Un pilier du modèle réunionnais

Au-delà des chiffres, les acteurs ont rappelé ce que représente le logement social dans la vie quotidienne des Réunionnais. La présidente de l’ARMOS-OI, Valérie Lenormand, a insisté sur sa dimension humaine :

« Le logement social, c’est accompagner les Réunionnais à chaque étape de leur vie : permettre à un jeune de démarrer dans la vie, à une famille de construire son avenir, ou encore à une personne âgée de vieillir dignement » , Valérie Lenormand, présidente de l’ARMOS-OI, 10 juin 2026

Elle plaide pour le maintien de financements à la hauteur des enjeux :

« Maintenir des financements à la hauteur des enjeux, c’est préserver la capacité de La Réunion à loger ses habitants et faire du logement un véritable atout social et économique pour notre île » , Valérie Lenormand, présidente de l’ARMOS-OI, 10 juin 2026

Un signal qui s’ajoute à d’autres

Cette alerte s’inscrit dans une série de réductions de financements de l’État qui inquiètent La Réunion : baisse de la dotation apprentissage, tensions sur l’insertion des jeunes, pression sur les collectivités. Le logement social étant un pilier du modèle réunionnais (cohésion sociale, emploi, lutte contre la pauvreté), les acteurs appellent l’État à mesurer les conséquences concrètes d’une telle baisse avant de l’appliquer.

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