Emploi des jeunes à La Réunion : 82 % des diplômés du supérieur ont un emploi, contre 26 % des non-diplômés
À La Réunion, l'insertion professionnelle des jeunes progresse et dépend fortement du diplôme : 82 % des jeunes titulaires d'un diplôme du supérieur sont en emploi, contre seulement 26 % des jeunes sortis du système sans diplôme. Les chiffres et le contexte de l'emploi des jeunes.
L’essentiel
À La Réunion, l’insertion professionnelle des jeunes progresse, et l’accès à l’emploi augmente fortement avec le niveau de diplôme, selon une étude relayée par Linfo.re, Imazpress et Le Quotidien. 82 % des jeunes titulaires d’un diplôme (notamment du supérieur) sont en emploi. À l’inverse, ce n’est le cas que de 26 % des jeunes sortis du système sans diplôme. Ce grand écart, de l’ordre de 56 points, confirme que le diplôme reste le principal levier d’insertion sur un marché du travail réunionnais qui demeure tendu, malgré une amélioration récente.
Le diplôme, principal facteur d’insertion
Le constat central de l’étude est sans ambiguïté : plus les jeunes sont diplômés, mieux ils s’insèrent sur le marché du travail. Avec 82 % de jeunes titulaires d’un diplôme en emploi, contre 26 % pour les jeunes sans diplôme, l’effet du niveau de formation est massif.
Cet écart de 56 points illustre une réalité structurelle : à La Réunion, le diplôme fonctionne comme une clé d’accès à l’emploi, dans un contexte où la concurrence pour les postes reste forte. Les jeunes les moins qualifiés se retrouvent les plus exposés au chômage et à la précarité, faute de pouvoir valoriser une qualification reconnue.
Une insertion qui progresse
La bonne nouvelle est que l’insertion des jeunes s’améliore globalement. La part de jeunes diplômés du supérieur en emploi est passée de 73 % en 2019 à environ 79-82 % ces dernières années, portée par une dynamique de l’emploi qui a bénéficié aux jeunes, aux femmes et aux seniors.
Le chômage des jeunes recule également, même s’il reste élevé : en 2024, le taux de chômage atteignait 24 % chez les jeunes femmes et 33 % chez les jeunes hommes. La proportion de NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation) a reculé de 3 points depuis 2019, pour s’établir à 25 % des 15-29 ans en 2025.
Le défi des jeunes sans diplôme
Le revers de la médaille concerne les jeunes sans diplôme, qui restent massivement à l’écart de l’emploi. Avec seulement 26 % d’entre eux en emploi, ils constituent le public prioritaire des politiques d’insertion.
Parmi les NEET, une large majorité (73 %) souhaite travailler, mais une part importante (38 %) n’a aucun diplôme, ce qui les place en difficulté face aux exigences du marché. La Réunion compte ainsi environ 40 300 jeunes NEET, une proportion deux fois supérieure à celle de la métropole, signe d’un décrochage persistant d’une partie de la jeunesse.
Un enjeu de politique publique
Ces chiffres éclairent les débats récents autour de l’éducation et de la formation à La Réunion. Ils donnent un argument fort aux dispositifs visant à élever le niveau de qualification : maintien de l’apprentissage (dont la dotation est pourtant en baisse), soutien à la scolarité comme la gratuité des fournitures à Saint-Benoît, ou valorisation des filières locales.
L’enjeu est double : accompagner les jeunes diplômés vers un emploi à la hauteur de leur formation (éviter le déclassement et la fuite des cerveaux vers la métropole), et raccrocher les jeunes décrocheurs par des dispositifs de seconde chance, des formations qualifiantes et de l’alternance. La lutte contre le décrochage scolaire et le soutien à l’élévation du niveau de formation apparaissent ainsi comme des leviers décisifs pour l’emploi des jeunes Réunionnais.
Suivre
- Insee Réunion : études sur l’emploi et la jeunesse
- Carif-Oref Réunion : observatoire de la formation et de l’emploi
- France Travail : accompagnement des demandeurs d’emploi
- Mission locale : insertion des jeunes
- Médias locaux : Linfo.re, Imazpress, Le Quotidien, Zinfos974


