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Enseignants mutés en métropole : pétition lancée pour le 'droit d'enseigner à La Réunion'

Le collectif des 'professeurs déchirés 974' lance en mai 2026 une pétition pour réclamer le droit d'enseigner à La Réunion. La Région soutient et appelle les collectivités à voter des motions. Contexte et revendications.

Enseignants mutés en métropole, pétition pour le droit d'enseigner à La Réunion (source : Imazpress)

L’essentiel

Le collectif “Professeurs déchirés 974” a lancé le 18 mai 2026 une pétition pour réclamer « l’équité et le droit d’enseigner à La Réunion », selon Imazpress et Le Quotidien. La démarche cible les mutations forcées d’enseignants réunionnais vers la métropole, alors que beaucoup souhaitent exercer dans leur territoire d’origine mais ne décrochent pas de poste local.

« La Région avait demandé à toutes les collectivités de l’île de voter des motions en soutien au collectif » , Le Quotidien, citant la Région Réunion, 18 mai 2026

La Région Réunion, par la voix de sa présidente Huguette Bello, soutient publiquement la pétition et a demandé aux collectivités locales de voter des motions de soutien. Le mouvement s’inscrit dans un climat social tendu en mai 2026 à La Réunion (PEC, carburants, logement, santé privée).

Le mécanisme à l’origine du mouvement

À La Réunion, comme dans la plupart des territoires français, la gestion des affectations d’enseignants relève de l’Éducation nationale au niveau national. Le rectorat local distribue les postes en fonction des mouvements interacadémiques organisés chaque année par le ministère. Plusieurs règles structurent les affectations : barème (ancienneté, situation familiale, points handicap, etc.), postes vacants disponibles, disciplines en tension.

Dans la pratique, de nombreux enseignants réunionnais se retrouvent affectés en métropole dès leur première affectation au sortir des concours, parfois pour plusieurs années avant de pouvoir prétendre à un retour. Inversement, des enseignants métropolitains demandent et obtiennent des postes à La Réunion. Le résultat, vécu par les concernés et leurs familles, est une séparation géographique forcée parfois de plus de 9 000 kilomètres, sans garantie de calendrier de retour.

Le collectif “Professeurs déchirés 974” s’est constitué pour porter cette revendication : permettre aux enseignants originaires de La Réunion d’exercer prioritairement sur le territoire, dans la limite des postes disponibles, par un aménagement des règles de barème ou par la création de postes supplémentaires sur l’île.

La pétition et ses revendications

La pétition lancée le 18 mai est en ligne et accessible à toute personne souhaitant la signer. Elle réclame essentiellement deux choses. D’abord, l’équité dans l’accès aux postes pour les enseignants ayant des attaches réunionnaises documentées. Ensuite, le droit d’enseigner à La Réunion pour les enseignants qui le souhaitent, dans une perspective de cohérence familiale et de stabilité des équipes pédagogiques locales.

Le collectif documente des cas concrets : enseignants ayant grandi à La Réunion, formés sur place pour partie, qui exercent depuis plusieurs années en métropole et qui n’obtiennent pas leur mutation retour malgré l’ancienneté et la situation familiale. Les conséquences humaines (séparation, monoparentalité de fait, parents âgés sans accompagnement) et professionnelles (instabilité, charge mentale) sont mises en avant.

Le soutien de la Région

La Région Réunion, présidée par Huguette Bello, a affiché un soutien public dès le mois précédent. La Région a notamment demandé aux collectivités locales (communes, EPCI, Département) de voter des motions de soutien au collectif, afin de constituer un front politique réunionnais en direction de l’État et du ministère de l’Éducation nationale.

Plusieurs maires et présidents d’intercommunalité ont déjà répondu favorablement. La pétition elle-même bénéficie d’un relais institutionnel large : médias locaux, syndicats enseignants (SNES-FSU, SE-Unsa, SGEN-CFDT, FO), associations d’élus, parlementaires.

Le contexte plus large

Le mouvement s’inscrit dans un climat social chargé en mai 2026 à La Réunion. Plusieurs mobilisations se croisent : sur les contrats PEC en discussion entre Éric Fruteau, Patrice Selly et les syndicats, sur la baisse des PEC et la position des maires, sur la mobilisation PEC du 20 mai. À cela s’ajoutent les questions de pouvoir d’achat, de logement et de santé qui rythment l’actualité locale depuis le début du mois.

Le sujet des mutations enseignantes rejoint, sur le fond, une revendication récurrente des territoires ultramarins : la reconnaissance d’une spécificité culturelle, familiale et géographique dans la gestion des fonctionnaires affectés à l’outre-mer. Cette revendication recoupe celles, plus anciennes, sur les CIMM (Centre des intérêts moraux et matériels), les bonifications outre-mer, et la continuité territoriale.

Pour signer la pétition

La pétition est accessible en ligne via les canaux du collectif “Professeurs déchirés 974”. Le relais se fait également via les réseaux sociaux et les médias locaux. Les collectivités souhaitant voter une motion de soutien peuvent se rapprocher de la Région pour obtenir un modèle.

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