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Baisse des contrats PEC à La Réunion : Fruteau alerte, syndicats répondent à Selly

Polémique en mai 2026 autour des contrats PEC à La Réunion. Éric Fruteau (Saint-André) dénonce 'un choix idéologique', les syndicats répondent à Patrice Selly (Saint-Benoît), intersyndicale réclame des emplois pérennes.

Éric Fruteau, baisse des contrats PEC à La Réunion (source : Zinfos974)

L’essentiel

La baisse des contrats PEC (Parcours Emploi Compétences) à La Réunion alimente un débat politique et syndical actif à la mi-mai 2026. Éric Fruteau, maire de Saint-André, signe une tribune libre dans Imazpress et estime sur Zinfos974 :

« La baisse des PEC n’est pas une fatalité économique, mais un choix idéologique » , Éric Fruteau, maire de Saint-André, 16 mai 2026

À Saint-Benoît, les syndicats répondent au maire Patrice Selly dans Zinfos974 :

« Les contrats PEC ne peuvent empêcher le bon fonctionnement du service public » , Intersyndicale Saint-Benoît, 16 mai 2026

L’intersyndicale réclame, dans Zinfos974, la transformation des PEC en emplois pérennes dans les collectivités. Le sujet rejoint la mobilisation PEC du 20 mai et la position des maires sur la baisse des PEC.

Le rappel du dispositif

Les contrats PEC (Parcours Emploi Compétences) sont des contrats aidés prescrits par France Travail (anciennement Pôle emploi), qui couvrent en partie le salaire de personnes recrutées par des employeurs du secteur non marchand : collectivités, établissements publics, associations, structures de l’économie sociale et solidaire. L’objectif officiel est l’insertion durable dans l’emploi, à travers une combinaison de mise en situation de travail et d’accompagnement (formation, tutorat).

À La Réunion, ces contrats représentent un poids très important dans l’emploi public local et dans le service public de proximité : agents d’entretien des écoles, animateurs périscolaires, agents d’espaces verts, agents administratifs, agents d’accueil. Pour de nombreuses mairies, les PEC sont un levier financier indispensable pour boucler les budgets de fonctionnement, dans un contexte de tension permanente entre missions à assurer et recettes contraintes.

Le gouvernement a annoncé une baisse du volume de contrats PEC disponibles, mesure qui frappe plus durement les territoires ultramarins, où le taux de chômage structurel et la dépendance au dispositif sont plus élevés qu’en métropole.

La tribune d’Éric Fruteau

Éric Fruteau, maire de Saint-André (Est), a publié le 16 mai une tribune libre dans Imazpress, complétée par une prise de parole dans Zinfos974. Sa thèse centrale : cette baisse n’est “pas une fatalité économique” mais “un choix idéologique” du gouvernement, qui touche plus violemment La Réunion que la métropole et aggrave la précarité d’un public déjà fragile.

Le maire fait valoir que la dépendance aux PEC est en grande partie le produit du sous-développement structurel de l’économie réunionnaise (taux de chômage élevé, faible nombre d’emplois marchands, secteur public surreprésenté faute d’alternative). Réduire les PEC sans plan alternatif revient, selon lui, à transférer la précarité vers les bénéficiaires sortants et vers les collectivités qui devront soit supprimer des services, soit financer sur leurs propres budgets des postes désormais non aidés.

La tribune est cohérente avec les positions tenues par plusieurs maires de l’île dans les semaines précédentes (cf. maires de La Réunion sur la baisse des PEC).

Les syndicats répondent à Patrice Selly

À Saint-Benoît, le maire Patrice Selly avait suggéré que les mouvements sociaux liés aux PEC pouvaient gêner le bon fonctionnement du service public. Les syndicats lui répondent vertement : ils estiment que la baisse des PEC est elle-même la cause des difficultés du service public, et non les mobilisations syndicales qui en dénoncent les conséquences.

L’argument syndical est double. D’abord, la continuité du service public repose en bonne partie sur des agents contractuels en PEC dont la précarité est entretenue par le dispositif lui-même (CDD à temps partiel, renouvellements limités, sans perspective claire de titularisation). Ensuite, la bonne organisation du service public passe par la stabilisation de ces postes en emplois pérennes, pas par leur disparition pure et simple.

L’intersyndicale réclame depuis plusieurs jours la transformation des PEC en emplois pérennes dans les collectivités, c’est-à-dire le passage de ces salariés en contractuels de droit public voire en titulaires de la fonction publique territoriale, avec les protections associées.

Pourquoi le sujet pèse autant à La Réunion

Trois éléments expliquent la sensibilité particulière du dossier à La Réunion.

Le premier est statistique. Le taux de chômage sur l’île reste structurellement plus élevé qu’en métropole (autour du double dans la plupart des estimations récentes), et les emplois aidés représentent une part significative des entrées en emploi. Toute réduction du volume disponible se traduit mécaniquement par une hausse du chômage ou un glissement vers d’autres dispositifs précaires.

Le deuxième est social. La majorité des bénéficiaires des PEC sont des femmes, des jeunes, des seniors au chômage de longue durée. Le profil-type est éloigné de l’emploi durable et expose au risque de basculement dans la grande précarité en cas de sortie sans relais.

Le troisième est politique. Le dispositif relève d’arbitrages nationaux (budget de l’État, ministère du Travail), mais ses effets se concentrent localement dans les mairies et les associations. La distance entre décideurs et conséquences crée une frustration politique récurrente, exprimée régulièrement par les maires, les conseillers départementaux, les syndicats et les parlementaires réunionnais.

Mobilisation à venir

Au-delà des prises de parole, la mobilisation annoncée pour le 20 mai 2026 (cf. mobilisation PEC du 20 mai à La Réunion) doit servir de moment de visibilité pour les personnels concernés, majoritairement féminins, et pour les organisations qui les portent. La participation des élus locaux (maires, conseillers départementaux, parlementaires) sera un signal politique observé.

Le sujet rejoint le contexte social plus large de mai 2026 à La Réunion : tensions sur les carburants et l’élargissement de Cart’ Monetik, grève à la Clinique Les Flamboyants Est, préavis French Bee, aides à domicile CFDT.

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Sources externes