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Bassin La Paix : la commune de Bras-Panon reconnue responsable, la Cirest conteste sa part

Tribunal administratif : Bras-Panon reconnue responsable à 50 % de l'éboulement de 2019 au Bassin La Paix ayant entraîné l'amputation d'un promeneur. La Cirest conteste sa propre mise en cause.

Bassin La Paix à Bras-Panon, lieu de l'éboulement de 2019 (source : Zinfos974)

L’essentiel

Cinq ans après les faits, le dossier du drame du Bassin La Paix connaît un premier tournant judiciaire. Le tribunal administratif de Saint-Denis a reconnu la commune de Bras-Panon responsable à 50 % dans l’accident survenu en novembre 2019, lorsqu’un éboulement de falaise avait coûté une jambe à un promeneur sur ce site naturel emblématique de l’Est de l’île. La Cirest (communauté intercommunale Réunion Est), également mise en cause, conteste sa propre responsabilité et apporte sa version des faits ce lundi 11 mai 2026, rapportent Réunion La 1ère et Zinfos974.

Le drame de 2019

En novembre 2019, un promeneur se trouvait sur le site du Bassin La Paix, l’un des lieux de baignade naturelle les plus fréquentés de la commune de Bras-Panon. Une portion de falaise s’est effondrée, blessant grièvement le promeneur. La gravité des blessures a nécessité une amputation de la jambe. L’accident avait suscité un fort émoi local et soulevé des questions sur l’aménagement et la sécurisation des sites naturels ouverts au public.

La décision du tribunal administratif

Cinq ans plus tard, le tribunal administratif rend une première décision qui reconnaît la responsabilité de la commune de Bras-Panon à hauteur de 50 %. La motivation porte notamment sur les manquements dans la signalisation du risque, la gestion du site et la prévention. C’est un premier acquis pour la victime, qui cherche à faire reconnaître la part de responsabilité des autorités publiques dans l’absence de protection adéquate.

La Cirest, en tant qu’intercommunalité ayant des compétences sur l’aménagement, est également visée par la procédure et apparaît dans le débat sur la répartition des responsabilités entre commune et intercommunalité.

La position de la Cirest

Selon Zinfos974, la Cirest publie ce lundi 11 mai 2026 une réponse argumentée pour contester sa propre mise en cause. L’intercommunalité estime que la gestion du site relève au premier chef de la commune, propriétaire du foncier et autorité de police administrative locale, et qu’elle ne pouvait pas se substituer à la mairie sur les obligations de signalisation et de sécurisation. Le détail des arguments juridiques sera développé dans les recours et auditions à venir.

Ce que cela change pour les sites naturels

Au-delà du dossier individuel, la décision du tribunal élargit le débat sur la responsabilité des collectivités dans la gestion des sites naturels ouverts au public à La Réunion. Les bassins, cascades, sentiers qui font partie du patrimoine touristique de l’île présentent des risques intrinsèques (éboulements, crues subites, glissades) qui ne peuvent pas tous être éliminés. La question juridique est de savoir jusqu’où la collectivité doit aller dans la prévention : barrières, panneaux, fermetures, agents sur place, expertises géologiques régulières.

Sur d’autres sites de l’île, des éboulements réguliers (Cap La Houssaye sur la RN1, falaises de Saint-Denis, sentiers du Piton de la Fournaise) ont déjà conduit à des fermetures temporaires ou des interdictions d’accès. Mais le Bassin La Paix reste un lieu fréquenté, ouvert sans contrôle d’accès, et la décision judiciaire pourrait inciter les collectivités à durcir leur posture de prévention sur les sites comparables.

Conduite à tenir pour les promeneurs

Le drame de 2019 reste un rappel concret : les sites naturels ne sont pas des aires aménagées de loisirs. Avant de se rendre dans un bassin, sur un sentier de cascade ou en bord de falaise, plusieurs réflexes utiles :

Pour les sentiers en milieu montagneux, voir le guide randonnée Mafate et le guide crues et ravines pour les risques associés.

Suivre

Le dossier judiciaire se poursuit avec les appels et les éventuels recours. Les décisions à venir préciseront la part définitive de responsabilité de chaque collectivité, ainsi que les éventuelles indemnités dues à la victime. Les médias locaux suivent l’évolution du dossier.

Sources externes