· MAJ

Logement, LBU, pauvreté : élus et bailleurs alertent l'État sur une crise critique à La Réunion

Lettre ouverte des élus locaux et bailleurs sociaux à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou sur la baisse de la LBU. La Réunion affiche un taux de pauvreté de 36,4%, le plus élevé de France selon l'Insee 2023. Mobilisation conjointe le 20 mai.

Logement social à La Réunion, lettre ouverte sur la LBU (source : Clicanoo)

L’essentiel

Une lettre ouverte signée par plusieurs parlementaires, collectivités et bailleurs sociaux de La Réunion a été adressée le 18 mai 2026 à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, comme le rapporte Clicanoo et Freedom. Elle dénonce la baisse envisagée de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), principal outil de financement du logement social outre-mer.

En parallèle, l’Insee publie ses nouvelles données sur les revenus 2023, relayées par Zinfos974 :

« Avec un taux de pauvreté de 36,4 % et un niveau de vie parmi les plus faibles du pays, La Réunion apparaît comme le département le plus pauvre de France » , Insee, données revenus 2023 publiées en mai 2026

Une mobilisation conjointe est annoncée pour le mercredi 20 mai devant la préfecture, autour des PEC et de l’ensemble des sujets sociaux (cf. Le Quotidien).

La lettre ouverte sur la LBU

La Ligne Budgétaire Unique (LBU) est le principal vecteur de financement par l’État du logement social dans les DROM (Départements et Régions d’Outre-Mer). Elle finance la construction, la réhabilitation et l’amélioration des logements sociaux ainsi que les opérations d’aménagement liées. Sur un territoire comme La Réunion, où la demande de logements dépasse largement l’offre disponible (la liste d’attente HLM dépasse les dizaines de milliers de dossiers), la LBU est un levier clé.

La baisse envisagée de la LBU, dans le cadre des arbitrages budgétaires nationaux, a fait réagir l’ensemble des acteurs locaux. La lettre ouverte est cosignée par six parlementaires : Jean-Hugues Ratenon, Karine Lebon, Perceval Gaillard, Frédéric Maillot, Philippe Naillet et Évelyne Corbière Naminzo. Côté bailleurs sociaux, l’ARMOS-OI (Association régionale des Maîtres d’Ouvrage Sociaux Outre-Mer) appose sa signature. Côté collectivités : la Région Réunion, la CIREST (Communauté d’agglomération de l’Est), le TCO (Territoire de la Côte Ouest) et la CASUD (Communauté d’agglomération du Sud). La Chambre de Métiers et de l’Artisanat complète le bloc des signataires.

Les signataires dénoncent un “choix budgétaire” qui, selon eux, accentuera la crise du logement sur l’île, où la construction neuve peine déjà à suivre l’augmentation des ménages et la vétusté d’une partie du parc. Ils réclament un maintien intégral des crédits de la LBU, voire un abondement au regard des besoins spécifiques des outre-mer.

Les chiffres Insee 2023 : pauvreté record

L’Insee a publié simultanément ses nouvelles données sur les revenus des ménages en 2023 à La Réunion. Les chiffres confirment l’ampleur des difficultés sociales :

Le seuil de pauvreté de référence (60 % du niveau de vie médian national) place plus d’un tiers des Réunionnais en situation de précarité économique durable. Pour rappel, le taux de pauvreté moyen en France métropolitaine se situe autour de 14-15 %, soit 2,5 fois moins qu’à La Réunion.

Pourquoi ces deux sujets sont liés

La LBU et la pauvreté sont interdépendantes sur un territoire comme La Réunion. La majorité des bénéficiaires du logement social y vivent sous le seuil de pauvreté, dépendent fortement des allocations (CAF, RSA, prime d’activité) et ne pourraient pas accéder au marché privé sans un soutien public massif. Une baisse de la LBU réduit mécaniquement la production de logements sociaux nouveaux, donc la mobilité dans le parc, donc l’accès au logement des ménages les plus modestes.

Côté construction, les acteurs (BTP, artisanat) dénoncent également les conséquences économiques : la commande publique de logement social fait travailler une filière entière localement (cf. signature de la Chambre de Métiers). Une baisse de la LBU = un ralentissement de l’activité + des pertes d’emplois dans la construction.

La mobilisation conjointe du 20 mai

Les élus locaux, la Région et plusieurs syndicats appellent à une mobilisation devant la préfecture le mercredi 20 mai au matin. L’événement, initialement centré sur la baisse des PEC (cf. mobilisation PEC du 20 mai), s’élargit pour englober l’ensemble des sujets sociaux d’actualité : LBU, pauvreté, PEC, pouvoir d’achat (carburants, cf. Cart’ Monetik élargi).

Selon Le Quotidien, le gouvernement a annoncé la baisse du volume des PEC de 10 000 à 4 000 contrats pour La Réunion sur la prochaine campagne, sans compter la diminution de la durée et du financement de chaque contrat. Cumulée avec la LBU, cette double baisse est ressentie comme un choix politique défavorable aux territoires ultramarins.

Pour les ménages concernés

Les ménages en attente d’un logement social doivent maintenir leur dossier à jour auprès de leur bailleur et de la préfecture (Système national d’enregistrement). En cas de précarité durable, se rapprocher des CCAS (Centres communaux d’action sociale) des communes, des services sociaux du Département (UTAS, Unités territoriales d’action sociale) et des associations locales (Croix-Rouge, Secours catholique, Restos du Cœur, ATD Quart Monde) qui interviennent en complément des dispositifs publics.

Suivre

Sources externes