Poids lourds interdits à Saint-Benoît : les transporteurs bloqués
L'interdiction des poids lourds sur le chemin Furcy-Pitou à Saint-Benoît asphyxie les transporteurs de l'Est, privés d'itinéraire depuis un chantier régional.
L’essentiel
L’interdiction de circulation des poids lourds sur le chemin Furcy-Pitou, à Saint-Benoît, plonge les transporteurs de l’Est dans l’impasse, selon Le Quotidien et Free Dom. La mairie mobilise depuis ce matin deux équipes de police municipale pour faire appliquer l’arrêté signé le 6 mai par le maire Patrice Selly, qui interdit aux véhicules de plus de 3,5 tonnes d’emprunter cet axe. Privés d’itinéraire alternatif depuis le lancement d’un chantier régional, les transporteurs menacent de déverser des matériaux devant la mairie.
Un arrêté municipal strictement appliqué
Depuis 8 heures, deux équipes de six agents de la police municipale de Saint-Benoît sont postées aux entrées nord de la ville, au rond-point de la Rivière-des-Roches et à la bretelle d’accès à la quatre-voies à Beauvallon. Leur mission : faire respecter l’arrêté du 6 mai, qui interdit les véhicules de plus de 3,5 tonnes sur le chemin Furcy-Pitou, entre l’échangeur et le giratoire, au nom d’une « nuisance importante » pour les riverains et de la fragilité de la chaussée.
Le chef de la police municipale, Jérôme Mounoussamy, recense près de cinquante camions interceptés en deux heures, presque tous renvoyés vers Bras-Panon ou la quatre-voies. L’amende encourue est de 35 euros, portée à 75 euros en cas de récidive, avec des dérogations pour les transports en commun, de secours, de collecte des déchets ou de desserte agricole.
Un itinéraire alternatif devenu impraticable
Le cœur du problème tient à l’absence d’alternative. L’arrêté invitait les convois à passer par l’échangeur du Bourbier-les-Rails, un itinéraire rendu caduc par la fermeture de la RN 2002 au niveau de la ravine de l’Harmonie, conséquence de travaux lancés par la Région le 26 juillet. Or Bras-Panon applique depuis des années un arrêté similaire pour la traversée de son centre-ville, ce qui prive de fait les transporteurs de tout passage.
Sur le terrain, les chauffeurs décrivent une désorganisation coûteuse. Un sous-traitant de Teralta n’a pu boucler que deux rotations sur cinq avant d’être stoppé ; un chauffeur de Royal Bourbon a dû rebrousser chemin sans livrer sa cargaison. Le président du syndicat OTRE à La Réunion, Johnny Grindu, a évoqué l’hypothèse d’un déversement de matériaux devant la mairie si aucune solution n’est trouvée.
Riverains et commune campent sur leurs positions
Du côté des habitants de Rivière-des-Roches, on soutient fermement l’arrêté. Une pétition avait été déposée dès 2021, rappelle une conseillère municipale et riveraine, qui pointe des fissures apparues sur des murs et une voirie refaite déjà abîmée par le passage des poids lourds.
La commune évalue à 700 000 à 800 000 euros le coût de réfection du chemin Furcy-Pitou, qu’elle souhaite voir financé au moins en partie par Teralta et Cementis, principales sociétés à emprunter cet axe pour desservir leurs carrières des Orangers et leur concasseur de Bras-Panon. Une réunion est attendue vendredi pour tenter de trouver une issue à un conflit qui illustre l’enclavement de l’Est durant les grands chantiers.
Suivre
- Mairie de Saint-Benoît : application de l’arrêté et négociations
- Syndicat OTRE : mobilisation des transporteurs
- Région Réunion : chantier de la RN 2002 et itinéraires de substitution
- Médias locaux : Le Quotidien, Free Dom, Imazpress, Linfo.re, Zinfos974
