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Piton de la Fournaise : la plateforme de lave gagnée sur l'océan s'érode, de 8,5 à 7,3 hectares

La plateforme de lave formée dans l'océan par l'éruption du Piton de la Fournaise (13 février au 12 avril 2026) perd du terrain : sa surface est passée de 8,2 hectares le 7 avril à 7,3 hectares le 1er juin, soit -11%, sous l'effet de l'érosion marine. Des points chauds à 325-350°C persistent.

Plateforme de lave du Piton de la Fournaise s'érodant dans l'océan (source : Linfo.re)

L’essentiel

La plateforme de lave formée dans l’océan lors de l’éruption du Piton de la Fournaise (du 13 février au 12 avril 2026) continue de s’éroder, selon La 1ère, Linfo.re et Free Dom. Sa surface est passée de 8,2 hectares le 7 avril à 7,3 hectares le 1er juin 2026, soit une réduction de 11 %, principalement sous l’effet de l’érosion marine. La plateforme, qui avait atteint une superficie estimée à 8,5 hectares à son maximum et une avancée de 193 mètres sur l’océan, est suivie régulièrement par les équipes de l’OVPF-IPGP et de l’Université de La Réunion. Bien que la surface soit désormais refroidie, des points chauds entre 325 et 350 °C persistent dans certaines fractures.

Comment s’est formée la plateforme

La plateforme est née lorsque la coulée de lave de l’éruption a atteint l’océan, au niveau du Grand Brûlé. Le 13 mars 2026, la coulée du bras sud avait franchi la RN2 (Route des Laves), à plus de 7 km du point d’éruption, avant de plonger dans l’océan deux jours plus tard (cf. Piton Zézèr et Piton Zazakèl, les noms des cônes de l’éruption).

Au contact de l’eau de mer, la lave s’est refroidie brutalement et accumulée, construisant une avancée de terre nouvelle sur l’océan, une plateforme (ou « delta de lave »). Ce processus a agrandi temporairement le territoire de l’île, gagnant jusqu’à 193 mètres sur l’eau pour une surface estimée à 8,5 hectares.

Une érosion rapide

Ces plateformes sont par nature instables et éphémères. Dès leur formation, elles subissent l’assaut des vagues et de la houle, qui rongent la roche encore fragile au point de contact avec l’océan. Les mesures de l’OVPF documentent cette érosion :

Soit une perte de 11 % de la surface en moins de deux mois. Cette évolution est principalement liée à l’érosion marine, mais aussi au refroidissement progressif de la lave qui modifie la structure de la plateforme. À terme, ces deltas de lave peuvent disparaître en grande partie, réabsorbés par l’océan, ou au contraire se stabiliser et s’intégrer durablement au littoral.

Des points chauds persistants

Malgré la fin de l’éruption le 12 avril et le refroidissement de la surface, la plateforme n’est pas totalement froide. Les équipes de l’OVPF-IPGP relèvent encore des points chauds affichant des températures de 325 à 350 °C dans certaines fractures.

Cette chaleur résiduelle témoigne de la masse considérable de lave accumulée, qui conserve sa chaleur en profondeur pendant des semaines voire des mois après la fin de l’activité éruptive. Ces zones chaudes justifient la prudence et le maintien d’une surveillance, ainsi que les restrictions d’accès à la zone par la préfecture.

Un suivi scientifique continu

La plateforme est régulièrement surveillée par les équipes de l’OVPF-IPGP (Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise) et de l’Université de La Réunion. Ce suivi combine des mesures de surface (relevés topographiques, drones), des mesures thermiques (caméras infrarouge) et l’observation de l’évolution sous l’effet conjugué de l’océan et du refroidissement.

Ces données enrichissent la connaissance des interactions lave-océan, un phénomène spectaculaire mais encore mal documenté à l’échelle mondiale, dont le Piton de la Fournaise offre un terrain d’étude privilégié (cf. comprendre les éruptions du Piton de la Fournaise).

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