Pétrels de Barau : 1 155 oiseaux récupérés par la SEOR au terme de la saison d'envol 2026
La saison d'envol 2026 des pétrels de Barau se termine à La Réunion. 1 155 oiseaux récupérés par la SEOR, 98% pendant les Nuits sans lumière, ~80% de réussite de relâcher attendue. Espèce en danger critique.
L’essentiel
La saison d’envol 2026 des pétrels de Barau (Pterodroma baraui) se termine à La Réunion. 1 155 oiseaux ont été récupérés et pris en charge par le réseau de sauvetage de la SEOR (Société d’Études Ornithologiques de La Réunion), selon Imazpress. 98 % des oiseaux ont été signalés pendant la période des Nuits sans lumière, opération d’extinction des éclairages destinée à réduire la pollution lumineuse qui désoriente les jeunes oiseaux lors de leur premier envol depuis les sommets vers l’océan. Le taux de réussite attendu de relâcher est d’environ 80 %. L’espèce est endémique de La Réunion et classée en danger sur la Liste rouge UICN.
Le pétrel de Barau, une espèce endémique
Le pétrel de Barau (Pterodroma baraui) est une espèce d’oiseau marin endémique de La Réunion, c’est-à-dire qu’elle ne niche nulle part ailleurs au monde. Décrit pour la première fois en 1963 par l’ornithologue Armand Barau (d’où son nom), il est étroitement lié au massif du Piton des Neiges où il se reproduit à plus de 2 000 m d’altitude dans des terriers creusés sur les pentes, notamment au Piton des Neiges, au Grand Bénard et dans les hauts du cirque de Cilaos.
L’espèce est classée en danger sur la Liste rouge mondiale de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Sa population mondiale est estimée à quelques milliers de couples reproducteurs, concentrés sur l’île. Toute perte annuelle non compensée par les naissances menace directement la viabilité de l’espèce.
Le phénomène d’envol et son danger
Les jeunes pétrels, nés entre janvier et mars dans les terriers d’altitude, quittent le nid pour la première fois entre avril et mai. Ce premier vol nocturne vise à rejoindre l’océan, où l’espèce passe l’essentiel de sa vie adulte (les pétrels ne reviennent à terre que pour se reproduire).
Pour s’orienter, les jeunes oiseaux utilisent le clair de lune et la lumière des étoiles comme repères. La pollution lumineuse des éclairages publics et privés des villes côtières désoriente ces oiseaux, qui tombent au sol dans les zones urbaines, éblouis par les lampadaires et les enseignes. Une fois au sol, ils sont incapables de redécoller seuls (leurs ailes longues ne leur permettent pas de prendre leur essor depuis un sol plat). Sans intervention, ils sont condamnés à mourir d’épuisement, de déshydratation ou victimes de prédateurs (chats, chiens, rats).
La SEOR et les Nuits sans lumière
La SEOR (Société d’Études Ornithologiques de La Réunion) coordonne le sauvetage des pétrels échoués depuis 1996. Elle gère un centre de soins (à Saint-André) où les oiseaux récupérés sont réhydratés, soignés des blessures éventuelles, stabilisés avant relâchage.
L’opération « Nuits sans lumière » est une campagne d’extinction temporaire des éclairages publics et privés à La Réunion, organisée chaque année autour du pic d’envol des pétrels (avril-mai). Communes, commerces, particuliers sont invités à éteindre ou réduire leurs éclairages pendant les nuits critiques.
L’efficacité de l’opération est confirmée par la statistique 2026 : 98 % des oiseaux récupérés l’ont été pendant cette période, ce qui prouve que la mobilisation citoyenne détourne les oiseaux des zones lumineuses et permet leur signalement rapide.
« 1 155 oiseaux récupérés et pris en charge par le réseau de sauvetage du centre de soins » , SEOR, bilan saison 2026 cité par Imazpress, 28 mai 2026
Comment réagir si vous trouvez un pétrel
Si vous trouvez un pétrel au sol (en ville, sur une route, dans un jardin) durant la saison d’envol :
Ramasser délicatement l’oiseau avec un tissu ou des gants. Éviter le contact direct avec les mains nues.
Placer dans une boîte en carton percée de trous d’aération, dans un endroit calme, frais et à l’abri des prédateurs (chats, chiens).
Ne pas donner à boire ni à manger : la SEOR s’occupe de la réhydratation et de l’alimentation adaptée.
Contacter immédiatement la SEOR au 0 262 20 46 65. Un bénévole du réseau de sauvetage vient récupérer l’oiseau pour l’amener au centre de soins.
Plus de détails et précautions dans le guide pétrels Barau saison d’envol publié précédemment.
Le contexte conservation à La Réunion
Le pétrel de Barau partage la scène avec un autre oiseau marin endémique, le pétrel noir de Bourbon (Pseudobulweria aterrima), plus rare encore et également menacé. Les deux espèces sont protégées par la réglementation française et bénéficient d’un Plan national d’actions spécifique.
La protection des oiseaux marins endémiques de La Réunion s’inscrit dans le classement UNESCO des Pitons, cirques et remparts qui inclut les zones de nidification. Le Parc National de La Réunion et l’ONF coopèrent à la gestion des habitats.
Les menaces principales pour les pétrels :
- Pollution lumineuse des zones côtières (Saint-Denis, Sainte-Marie, Saint-Paul, Saint-Pierre)
- Prédation par les chats domestiques et les rats introduits sur les sites de nidification
- Réchauffement climatique affectant les courants marins et la disponibilité de la nourriture
- Pêche : prises accidentelles dans les filets
Pour s’impliquer
Plusieurs façons de soutenir la conservation des pétrels :
- Adhérer à la SEOR ou faire un don
- Réduire l’éclairage extérieur de votre domicile, surtout d’avril à mai
- Sensibiliser votre entourage aux Nuits sans lumière
- Signaler rapidement les oiseaux trouvés (numéro SEOR 0 262 20 46 65)
- Participer aux opérations citoyennes (sauvetage, suivi)
Suivre
- SEOR : Société d’Études Ornithologiques de La Réunion
- Parc National de La Réunion : gestion des habitats
- ONF Réunion : forêts et protection
- UICN : statut de conservation international
- Médias locaux : Imazpress, Zinfos974, Le Quotidien, La 1ère
