Neuro-angiostrongylose : l'ARS signale 5 nouveaux cas à La Réunion, la piste des crudités mal lavées
L'ARS et Santé publique France alertent sur une recrudescence de la neuro-angiostrongylose à La Réunion, avec 5 nouveaux cas d'adultes en 2026. Cette maladie parasitaire rare, transmise par un ver dont le rat est l'hôte, peut provoquer une méningite. Sept cas depuis 2023, dont un décès. Les autorités rappellent le lavage minutieux des fruits et légumes.
L’essentiel
Santé publique France et l’Agence Régionale de Santé (ARS) alertent sur une recrudescence des cas de neuro-angiostrongylose à La Réunion, selon Free Dom et Zinfos974. Cinq nouveaux cas, tous chez des adultes, ont été recensés depuis le début de l’année 2026, le dernier au mois de juin. Cette pathologie parasitaire tropicale rare est provoquée par un ver dont le rat est l’hôte, et peut causer une méningite à éosinophiles potentiellement grave. Face à une tendance à la hausse observée depuis 2023, les autorités rappellent l’importance du lavage minutieux des fruits et légumes.
Une maladie parasitaire rare mais sérieuse
La neuro-angiostrongylose est une parasitose tropicale provoquée par Angiostrongylus cantonensis, un nématode (ver rond) dont le rat est l’hôte définitif. Les escargots et limaces en sont les hôtes intermédiaires. L’être humain, lui, ne s’infecte que de manière accidentelle et constitue une « impasse parasitaire » : le parasite pénètre dans l’organisme mais ne peut y accomplir la totalité de son cycle.
Cette migration avortée n’est pas sans conséquence. Elle peut provoquer de graves dommages, se manifestant principalement par une méningite à éosinophiles, une inflammation des enveloppes du cerveau. La maladie est rare mais peut être sévère, comme en témoigne le décès enregistré parmi les cas récents.
Une évolution préoccupante depuis 2023
Jusqu’à une période récente, les cas recensés à La Réunion étaient strictement autochtones, exceptionnels, et touchaient quasi exclusivement la population infantile. La dynamique a changé à partir de 2023 : depuis cette date, les autorités sanitaires ont identifié sept cas sporadiques, soit deux enfants et cinq adultes, dont un décès chez ces derniers.
L’année 2026 confirme la tendance avec cinq nouveaux cas, tous chez des adultes. Les investigations épidémiologiques n’ont pas permis d’identifier une source unique de contamination, et le lieu comme les modalités de transmission restent en partie inconnus. Pour trois patients ayant séjourné à Maurice ou aux Seychelles, le doute persiste entre origine autochtone et importée ; pour les deux autres, qui n’ont pas voyagé, la contamination locale ne fait aucun doute.
Les gestes de prévention
L’hypothèse principale des experts s’oriente vers l’ingestion de crudités mal lavées, vectrices potentielles du parasite après contact avec des mollusques infectés ou leurs traces. Les autorités rappellent donc l’importance des règles d’hygiène alimentaire :
- Laver soigneusement les fruits, légumes et herbes consommés crus, à l’eau potable.
- Éplucher ou cuire les végétaux lorsque c’est possible.
- Se laver les mains après manipulation de terre, de plantes ou de mollusques (escargots, limaces).
- Protéger les cultures et les réserves d’eau de la présence de rats et de mollusques.
- Consulter rapidement en cas de maux de tête intenses, de raideur de la nuque ou de troubles neurologiques.
Ces gestes simples réduisent nettement le risque d’infection par ce parasite, comme pour d’autres maladies liées à l’eau et à l’alimentation (cf. vigilance leptospirose, dengue et mpox).
Suivre
- ARS de La Réunion : point de situation et recommandations
- Santé publique France : surveillance épidémiologique
- Médecin traitant : en cas de symptômes évocateurs
- Médias locaux : Free Dom, Zinfos974, Imazpress, Le Quotidien, Linfo.re

