Aides à domicile : 300 salariés de Proxim'Service en grève illimitée dès le 15 juin pour la revalorisation des salaires
Environ 300 auxiliaires de vie et aides à domicile de Proxim'Service entament une grève illimitée le lundi 15 juin 2026, à l'appel de l'intersyndicale, devant le siège à Sainte-Clotilde. Ils réclament la revalorisation des salaires et des frais kilométriques face à la précarité du secteur.
L’essentiel
Environ 300 auxiliaires de vie et aides à domicile de Proxim’Service entament une grève illimitée à partir du lundi 15 juin 2026, à l’appel de l’intersyndicale, selon Linfo.re, Imazpress et Free Dom. La mobilisation, qualifiée d’« historique » par les syndicats, débute à 7h30 devant le siège de l’entreprise à Sainte-Clotilde, à Saint-Denis. Les grévistes réclament la revalorisation des salaires et des frais kilométriques, face à la précarité d’un métier essentiel auprès des personnes âgées et dépendantes.
Un métier essentiel mais précaire
Les auxiliaires de vie et aides à domicile interviennent au domicile des personnes âgées, handicapées ou dépendantes pour les actes de la vie quotidienne : aide à la toilette, repas, courses, ménage, accompagnement, lien social. C’est un maillon essentiel du maintien à domicile, alternative à l’hébergement en EHPAD (cf. premier EHPAD du plan de rattrapage à Bras-Panon), dans un territoire au vieillissement accéléré.
Pourtant, ce métier reste marqué par une forte précarité : temps partiels subis, salaires proches du SMIC, amplitudes horaires étendues, déplacements nombreux entre les domiciles. Les frais kilométriques, souvent mal compensés, pèsent lourd dans le budget de salariées (le secteur est très féminisé) qui sillonnent l’île au quotidien.
Les revendications
Les grévistes portent deux revendications principales : la revalorisation des salaires et celle des frais kilométriques. Ces demandes traduisent un ras-le-bol face à des conditions jugées indignes au regard de l’utilité sociale du métier.
L’intersyndicale présente la mobilisation comme « historique », signe d’une exaspération qui dépasse les revendications ponctuelles. Le caractère illimité de la grève traduit la détermination des salariés à obtenir des engagements concrets de leur employeur.
Un secteur déjà sous tension
Cette grève s’inscrit dans une série de mobilisations du secteur de l’aide à la personne et du médico-social à La Réunion. Les aides à domicile s’étaient déjà mobilisées au printemps (cf. mobilisation des aides à domicile CFDT), et des dispositifs comme la CART Monétik élargie avaient tenté de répondre à certaines difficultés.
Le secteur est confronté à un paradoxe : la demande explose avec le vieillissement de la population, mais l’attractivité des métiers reste faible faute de rémunération et de reconnaissance suffisantes. Les financements publics (Département, via l’APA, Allocation Personnalisée d’Autonomie) et les conventions collectives sont au cœur des tensions, dans un contexte de contrainte budgétaire qui touche l’ensemble du social réunionnais.
Suivre
- Intersyndicale et Proxim’Service : suite des négociations
- Conseil départemental de La Réunion : financement de l’aide à domicile (APA)
- ARS Océan Indien : politique du grand âge et du maintien à domicile
- DEETS Réunion : travail et emploi
- Médias locaux : Linfo.re, Imazpress, Free Dom, Le Quotidien


