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Data center de Bois-Rouge : Demain La Réunion réclame son abandon face à la crise de l'eau à Saint-André

Alors que des coupures d'eau nocturnes frappent Saint-André, le parti d'Éric Fruteau, Demain La Réunion, réclame l'abandon du projet de data center de Bois-Rouge, qu'il juge incompatible avec une ressource déjà sous tension. Le mouvement dénonce un déficit d'investissement depuis 2014 et 42 % d'eau perdue dans les réseaux.

Éric Fruteau et Demain La Réunion réclament l'abandon du data center de Bois-Rouge face à la crise de l'eau à Saint-André (juillet 2026)

L’essentiel

Alors que des coupures d’eau nocturnes sont organisées depuis plusieurs jours à Saint-André, le parti de l’ancien maire Éric Fruteau, Demain La Réunion (DLR), réclame l’abandon du projet de data center de Bois-Rouge, selon Le Quotidien, Free Dom, Clicanoo et Zinfos974. Dans un communiqué publié ce mercredi 9 juillet 2026, le mouvement estime qu’installer un centre de données gourmand en eau serait une « aberration totale » dans une commune dont le réseau est déjà sous tension. Il dénonce un déficit d’investissement dans l’eau potable depuis 2014 et un réseau où 42 % de l’eau produite n’arrive jamais aux foyers.

Une commune privée d’eau la nuit

Le contexte est celui d’une crise de l’eau installée à Saint-André, où des coupures nocturnes sont organisées pour préserver la ressource. Pour Demain La Réunion, cette situation n’a rien d’une fatalité climatique. Le parti affirme que « les investissements dans le réseau d’eau potable de Saint-André ont cessé net » depuis 2014, alors même que la compétence a été transférée à la CIREST en 2020, et parle d’un « choix politique assumé » plutôt que d’un aléa météo.

Le mouvement chiffre les défaillances du réseau : 42 % de l’eau produite se perd avant d’atteindre les foyers, les canalisations sont vieillissantes et les capacités de stockage sont insuffisantes pour une population qui a doublé en trente ans. DLR reconnaît que la municipalité, avec Joé Bédier, a admis un « retard historique » et engagé un plan d’urgence de 90 millions d’euros pour l’Est (cf. le plan eau de la CIREST), mais juge que ce plan « ne fait que rattraper des années perdues ».

Le data center, « aberration » en pleine pénurie

C’est surtout le projet de data center à Bois-Rouge qui cristallise l’opposition. Un centre de données consomme de l’eau, notamment pour le refroidissement de ses serveurs. Or, selon DLR, l’installation « viendrait puiser dans une ressource déjà en guerre entre les habitants, l’usine sucrière et la centrale thermique Albioma », trois usages déjà en concurrence sur le même territoire.

Le parti alerte aussi sur les risques environnementaux pour l’étang de Bois-Rouge, qualifié de « zone humide protégée », dont l’équilibre serait fragilisé par des prélèvements supplémentaires dans la nappe.

« Nous refusons que l’eau des Saint-Andréens soit sacrifiée sur l’autel du numérique » , Demain La Réunion, 9 juillet 2026

Un projet inscrit dans un pôle économique

Le data center n’est pas un projet isolé. Joé Bédier l’avait inscrit dans son programme économique lors des dernières municipales, parmi les projets censés générer 3 000 emplois locaux. Il s’intègre à l’aménagement de la zone économique de Cambuston/Bois-Rouge, sur plus de dix hectares, avec la construction d’un hôtel trois étoiles et d’un écolodge, au sein d’un futur pôle industriel et logistique.

L’affrontement oppose donc deux logiques : d’un côté le développement économique et l’attractivité numérique du territoire, de l’autre la priorité à l’eau potable des habitants en période de pénurie. DLR a par ailleurs formulé sept propositions pour l’eau à Saint-André, plaçant la question de la ressource au cœur du débat local.

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