« Autoroute de l'eau » : la CIREST engage plus de 90 millions d'euros pour sécuriser l'approvisionnement de l'Est
La CIREST a présenté le 1er juillet 2026 un plan d'investissement 2026-2032 de plus de 90 millions d'euros pour sécuriser l'eau potable dans l'Est de La Réunion. Au cœur du dispositif, l'« Autoroute de l'eau », interconnexion des communes à l'horizon 2050, doit fiabiliser l'approvisionnement de Saint-André et Bras-Panon, secteurs les plus fragiles.
L’essentiel
La Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST) a présenté le mercredi 1er juillet 2026, à son siège de Saint-Benoît, un vaste programme d’investissements pour sécuriser l’eau potable dans l’Est de La Réunion, selon Free Dom et Témoignages. Ce plan 2026-2032 représente plus de 90 millions d’euros, hors projets encore en arbitrage, un montant qui pourrait dépasser 100 millions d’euros. Au cœur de la stratégie figure l’« Autoroute de l’eau », projet structurant envisagé à l’horizon 2050, destiné à interconnecter les communes de l’Est pour diversifier les ressources et fiabiliser l’approvisionnement, en particulier à Saint-André et Bras-Panon, aujourd’hui les secteurs les plus fragiles.
Sécuriser une ressource sous tension
L’objectif du plan est triple : sécuriser la ressource, moderniser les infrastructures et mieux préparer le territoire aux épisodes de sécheresse qui touchent désormais aussi l’Est de l’île, longtemps considéré comme la région la mieux arrosée de La Réunion (cf. sécheresse et restrictions d’eau). Le dérèglement climatique et la vétusté d’une partie des réseaux fragilisent une alimentation autrefois jugée abondante.
La CIREST met en avant un potentiel souterrain considérable et sous-exploité : moins de 1 % des ressources souterraines de l’Est sont aujourd’hui mobilisées, alors que les hydrogéologues fixent un seuil d’alerte à 5 %. Cette réserve, estimée à plus de 200 millions de mètres cubes par an, est présentée comme stratégique pour l’ensemble de l’île, et pas seulement pour l’Est.
L’« Autoroute de l’eau », colonne vertébrale du projet
Le projet phare, l’« Autoroute de l’eau », est une interconnexion à l’horizon 2050 qui doit relier les communes de l’Est afin de diversifier les ressources et de garantir un approvisionnement plus fiable. Il vise en priorité Saint-André et Bras-Panon, identifiées comme les secteurs les plus vulnérables du territoire.
Cinq scénarios sont à l’étude : deux reposent sur la Rivière de l’Est, trois sur la mobilisation de nouvelles ressources souterraines à Saint-Benoît et à la Plaine-des-Palmistes. Le coût est estimé entre 18 et 29 millions d’euros, avec un arbitrage attendu entre 2026 et 2027. L’impact sur la facture d’eau resterait limité, entre 0,08 et 0,31 euro par mètre cube selon l’option retenue.
Saint-André, commune la plus exposée
Le dossier met en exergue la situation particulièrement préoccupante de Saint-André, commune la plus peuplée du territoire. Passée d’environ 30 000 à plus de 50 000 habitants, elle dispose d’un réseau d’eau qui n’a pas suivi cette croissance démographique. Les coupures nocturnes récurrentes constatées dans plusieurs quartiers sont attribuées à des installations vieillissantes et sous-dimensionnées (cf. savoir quand une coupure d’eau est prévue).
Au-delà de l’« Autoroute de l’eau », le plan 2026-2032 prévoit une série d’ouvrages échelonnés : la mise en service du forage de Ravine Creuse au second semestre 2026, de nouveaux forages d’exploration entre 2027 et 2029, la construction du réservoir de Dioré R5 en 2028, la réhabilitation de la source des Citronniers en 2029 et l’extension d’une usine de traitement en 2030. La sécurisation la plus complète interviendrait à plus long terme avec l’interconnexion générale.
Suivre
- CIREST : plan eau 2026-2032 et projet « Autoroute de l’eau »
- Office de l’eau Réunion : suivi de la ressource
- Communes de l’Est : Saint-André, Bras-Panon, Saint-Benoît, Plaine-des-Palmistes
- Médias locaux : Free Dom, Témoignages, Imazpress, Le Quotidien, Linfo.re

