CBD alimentaire interdit à la vente : ce qui change pour les consommateurs réunionnais
Les produits alimentaires contenant du CBD (bonbons, infusions, boissons) sont désormais interdits à la vente en France, y compris à La Réunion, en mai 2026. Cadre réglementaire, produits concernés, autres formes de CBD encore autorisées.
L’essentiel
Les produits alimentaires contenant du CBD (bonbons, infusions, boissons, gummies, chocolats, miels, etc.) sont désormais interdits à la vente en France, y compris à La Réunion, selon Linfo.re. La décision repose sur l’absence d’autorisation Novel Food européenne pour le cannabidiol en tant qu’ingrédient alimentaire.
« Les produits alimentaires contenant du CBD sont désormais interdits à la vente » , Linfo.re, 16 mai 2026
Les commerces (boutiques spécialisées, épiceries, sites de e-commerce) doivent retirer ces produits de leur offre. Les autres formes de CBD (huiles, cosmétiques, e-liquides) restent encadrées différemment et ne sont pas concernées par cette mesure.
Pourquoi cette interdiction
Le cannabidiol (CBD) est l’une des molécules issues du chanvre, à la différence du THC il n’a pas d’effet psychotrope. Il est commercialisé depuis plusieurs années sous des formes diverses (huiles, cosmétiques, fleurs séchées, e-liquides, et compléments ou produits alimentaires).
Le statut alimentaire du CBD est régi en Europe par le règlement Novel Food (UE 2015/2283), qui impose une autorisation préalable pour tout nouvel ingrédient alimentaire mis sur le marché après 1997. Le CBD entre dans cette catégorie. À ce jour, aucune autorisation Novel Food n’a été délivrée au niveau européen pour le CBD comme ingrédient alimentaire, faute d’évaluation complète par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) des risques liés à une consommation alimentaire.
L’interdiction de vente des produits alimentaires contenant du CBD applique donc strictement la réglementation européenne. Elle est mise en œuvre par la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) en lien avec les services vétérinaires et de sécurité sanitaire des outre-mer.
Les produits concernés
Concrètement, sont visés tous les produits qui se consomment par voie orale et qui contiennent du CBD comme ingrédient. La liste typique inclut les bonbons et gummies au CBD, les infusions et tisanes à base de fleurs ou de tiges de chanvre, les boissons (sodas, eaux infusées, certaines bières artisanales), les chocolats, les miels infusés, les biscuits et pâtisseries intégrant du CBD, certains compléments alimentaires présentés sous forme d’aliment.
À La Réunion, l’offre s’est développée dans certaines boutiques spécialisées ouvertes ces dernières années, ainsi qu’auprès de revendeurs en ligne. Les commerçants doivent désormais retirer ces références et procéder à leur destruction ou à un rappel produits selon les cas.
Ce qui reste autorisé
Plusieurs autres formes de CBD restent encadrées différemment et ne sont pas visées par cette interdiction.
Les huiles de CBD vendues comme produits de bien-être sans revendication alimentaire, sous certaines conditions de présentation. Les cosmétiques au CBD (crèmes, baumes, savons), encadrés par la réglementation cosmétique européenne. Les e-liquides pour cigarette électronique contenant du CBD, sous le régime du tabac vapotage. Les fleurs et tiges de chanvre légalement commercialisées sous certaines conditions (taux de THC inférieur à 0,3 %, usage non alimentaire affiché).
Le flou réglementaire subsiste pour certaines catégories (compléments alimentaires sans CBD ajouté mais à base de chanvre, produits “topiques” à usage sublingual). Les commerçants doivent se référer aux avis de la DGCCRF et de la DGAL (Direction générale de l’alimentation) pour le cas particulier de leurs produits.
Pour les consommateurs
Les consommateurs qui auraient stocké des produits alimentaires au CBD avant l’interdiction peuvent en théorie les conserver pour un usage personnel, dans la mesure où la vente est interdite mais pas la détention privée. En revanche, toute revente (même particulier à particulier sur les plateformes en ligne) tombe sous le coup de l’interdiction.
En cas de suspicion d’intoxication liée à un produit au CBD, contacter le 15 ou le Centre antipoison (cf. numéros d’urgence à La Réunion). Conserver l’emballage du produit incriminé pour l’identification. Les laboratoires de biologie médicale peuvent réaliser certains dosages sur prescription (cf. laboratoires de biologie médicale).
Pour les commerces
Les commerçants disposant encore de stocks doivent les retirer de la vente. Plusieurs options s’offrent à eux selon les cas : rappel auprès du fournisseur, destruction sous contrôle, réorientation vers les formes non alimentaires si la composition le permet. La non-conformité expose à des sanctions administratives (mise en demeure, amende) voire pénales dans les cas les plus graves (atteinte à la santé publique).
Les boutiques spécialisées sont invitées à se rapprocher de leur chambre de commerce ou de leur syndicat professionnel pour clarifier la liste précise des produits concernés. La DGCCRF publie régulièrement des mises à jour sur son site.
Le contexte plus large
Cette décision s’inscrit dans une dynamique européenne de clarification du statut du CBD, alors que les acteurs économiques attendent une autorisation Novel Food susceptible de rétablir la commercialisation alimentaire à terme. Plusieurs dossiers sont en cours d’évaluation par l’EFSA. Le calendrier reste incertain et dépend des éléments toxicologiques apportés par les industriels.
À La Réunion, la mesure touche un petit marché mais visible, porté par la filière chanvre émergente et les boutiques bien-être ouvertes ces dernières années. Le sujet rejoint, plus largement, les questions de réglementation des compléments alimentaires et de médecines complémentaires, sensibles dans le contexte ultramarin.
Suivre
- DGCCRF : avis et mises à jour sur les produits interdits
- EFSA : évaluations Novel Food en cours
- ARS Océan Indien : signalements éventuels d’intoxications
- Médias locaux : Linfo.re, Imazpress, Zinfos974
