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Assistants d'éducation : mobilisation devant le rectorat de La Réunion contre la précarité

Une cinquantaine d'assistants d'éducation (AED) ont manifesté le 2 juin 2026 devant le rectorat de La Réunion à l'appel de l'intersyndicale. Payés au SMIC, ils dénoncent la perte de quotités, le manque d'effectifs et les ruptures de contrat de juillet à août qui fragilisent ces personnels.

Assistants d'éducation mobilisés devant le rectorat de La Réunion le 2 juin 2026 (source : Linfo.re)

L’essentiel

À l’appel de l’intersyndicale nationale, une cinquantaine d’assistants d’éducation (AED) se sont rassemblés ce mardi 2 juin 2026 devant le rectorat de La Réunion, à Saint-Denis, pour dénoncer la précarité de leur métier, selon Linfo.re et Imazpress. Salaires, manque d’effectifs et conditions de travail dégradées étaient au cœur des revendications. Payés au SMIC, les AED dénoncent la perte de quotités d’année en année, qui réduit le personnel sur le terrain, et les ruptures de contrat en juillet, avant une reprise en août, qui provoquent de grosses difficultés financières. Les manifestants se présentent comme « un maillon essentiel de l’Éducation nationale ».

Qui sont les assistants d’éducation

Les assistants d’éducation (AED), souvent appelés surveillants ou « pions », assurent l’encadrement et la surveillance des élèves dans les collèges et lycées : vie scolaire, études, permanences, gestion des absences, sécurité aux abords des établissements. Ils constituent un rouage essentiel du fonctionnement quotidien des établissements, en particulier dans les zones où les besoins d’accompagnement des élèves sont importants.

Ces personnels sont des contractuels de la fonction publique, recrutés sur des contrats à durée déterminée, généralement pour des durées limitées. Leur statut précaire et leur rémunération modeste sont au cœur de la mobilisation.

Les revendications

Les AED dénoncent d’abord une rémunération insuffisante. Payés au SMIC, ils estiment que leur salaire n’est pas en adéquation avec la charge de travail.

« Les assistants d’éducation sont payés au SMIC, et à force d’en faire toujours plus, les gens s’épuisent et les salaires ne sont pas en adéquation avec ce que nous faisons au quotidien » , Représentant des AED mobilisés, cité par Linfo.re, 2 juin 2026

Ils pointent ensuite la baisse continue des moyens. « D’année en année, ces professionnels perdent des quotités et donc du personnel sur le terrain », et « quand les moyens diminuent, il devient plus difficile d’accompagner correctement les élèves ». La réduction des quotités (le volume d’heures financées) se traduit concrètement par moins d’adultes présents dans les établissements.

La rupture de contrat estivale

Un point particulièrement sensible concerne le calendrier des contrats. Les personnels contractuels, parmi lesquels les AED mais aussi les AESH (Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap), voient leur contrat se rompre en juillet pour ne reprendre qu’en août.

Cette interruption provoque de grosses difficultés financières pour ces personnels issus des catégories C et B, les moins rémunérés de la fonction publique. Sans revenu pendant cette période, et déjà payés au minimum, ces agents se retrouvent dans une situation de fragilité récurrente chaque été.

Une mobilisation syndicale large

La manifestation a réuni une cinquantaine de personnes issues d’une intersyndicale large : Sud éducation, CFDT éducation, formation, recherche publiques, FSU, UNSA Éducation et CGT éduc’action, rejointes par le Saiper (syndicat autonome réunionnais). Cette unité syndicale traduit l’ampleur du malaise dans la vie scolaire.

Le contexte social de l’éducation

Cette mobilisation s’ajoute à un printemps social tendu dans l’éducation et plus largement à La Réunion : grève au CHU et chez les assistants familiaux, inquiétudes sur la baisse de la dotation apprentissage, tensions sur le pouvoir d’achat malgré la récente revalorisation du SMIC. Les personnels précaires de l’Éducation nationale, souvent jeunes et peu rémunérés, figurent parmi les plus exposés à la vie chère réunionnaise.

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