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Ancienne Route du Littoral : l'Autorité environnementale recommande sa destruction complète

L'Autorité environnementale recommande la destruction complète de l'ancienne Route du Littoral et le retrait des filets sur la falaise après livraison de la NRL. Enjeux paysagers et environnementaux à La Réunion.

Ancienne Route du Littoral et falaise, source : La 1ère / France Info

L’essentiel

L’Autorité environnementale (Ae) recommande la destruction complète de l’ancienne Route du Littoral et le retrait intégral des filets anti-éboulement installés sur la falaise, selon La 1ère / France Info.

« Ancienne Route du Littoral : l’Autorité environnementale recommande sa destruction complète et le retrait des filets sur la falaise » , La 1ère / France Info, 13 mai 2026

La position s’inscrit dans la perspective de la livraison de la Nouvelle Route du Littoral (NRL), prévue à l’horizon 2030, qui doit absorber l’intégralité du trafic entre Saint-Denis et La Possession et rendre obsolète l’infrastructure historique.

Le contexte

L’ancienne Route du Littoral, communément appelée ANRL, est la route construite au pied de la falaise entre Saint-Denis et La Possession dans les années 1970. Elle a longtemps été l’unique liaison routière directe entre le chef-lieu et l’ouest de l’île, et constitue à ce titre l’un des axes les plus stratégiques de La Réunion. Elle est aussi tristement connue pour son exposition aux chutes de pierres et aux éboulements de la falaise qui la surplombe : plusieurs accidents mortels ont eu lieu au fil des décennies.

La Nouvelle Route du Littoral, en partie sur viaduc en mer et en partie sur digue, est conçue pour s’affranchir de cette contrainte géologique. La fin du chantier est annoncée à l’horizon 2030 (cf. point sur la livraison NRL en mai 2026). Une fois la NRL pleinement opérationnelle, l’ancienne route ne sera plus nécessaire à la circulation. C’est dans ce cadre que l’Autorité environnementale a été saisie pour avis sur le devenir de l’infrastructure.

Ce que recommande l’Autorité environnementale

L’Ae se positionne en faveur de la démolition complète de l’ancienne route. Cela signifie le démontage des chaussées, des ouvrages d’art secondaires (passages, parapets, gardes-corps) et la remise en état du linéaire côtier. Elle recommande également le retrait des filets et des ouvrages de protection (grillages plaqués, écrans pare-blocs) installés sur la falaise, dont la fonction première (protéger les usagers de la route) disparaît avec la fermeture définitive de l’axe.

Cette recommandation prend appui sur plusieurs arguments. Le premier est paysager : la falaise et le littoral retrouveraient une apparence plus proche de leur état naturel après plus de cinquante ans d’altération. Le second est environnemental : les filets et infrastructures associées posent des questions de longévité, de corrosion en milieu marin, et représentent un coût d’entretien permanent pour la collectivité tant qu’ils restent en place. Le troisième est sécuritaire : tant que la route subsiste, même fermée, elle invite à des intrusions et à des prises de risques (randonneurs, urbex, baigneurs).

Les positions en présence

Ce dossier n’est pas tranché politiquement. Plusieurs hypothèses ont été évoquées au fil des années : démolition complète comme le préconise désormais l’Ae, conservation partielle pour des usages doux (piste cyclable, voie piétonne, cheminement de découverte), ou maintien comme voie de secours en cas d’incident sur la NRL. Chaque option a ses partisans et ses adversaires parmi les collectivités, les associations environnementales et les usagers.

La position de l’Autorité environnementale pèsera dans les arbitrages à venir mais ne s’impose pas mécaniquement aux décideurs. La Région Réunion, maître d’ouvrage du projet NRL, et l’État auront le dernier mot sur le devenir de l’infrastructure.

Calendrier prévisible

La livraison complète de la NRL est annoncée pour 2030, à condition qu’aucun nouvel aléa ne vienne décaler le chantier. Les décisions sur le sort de l’ancienne route interviendront probablement dans les mois qui précèdent et suivent cette livraison. Une démolition d’une telle ampleur supposerait elle-même une étude d’impact, des appels d’offres, et un calendrier de chantier de plusieurs années, ce qui place une éventuelle démolition complète à un horizon postérieur à 2030.

D’ici là, l’ancienne route continuera de servir comme axe principal, avec les fermetures préventives habituelles en cas de houle ou d’alerte d’éboulement.

Le contexte plus large

La question de l’ancienne Route du Littoral est emblématique des arbitrages d’infrastructure propres à La Réunion : une géographie contrainte (relief, littoral, falaises), une vulnérabilité aux aléas naturels (éboulements, cyclones, houles), et un patrimoine routier hérité d’une époque où ces contraintes étaient moins bien anticipées. D’autres dossiers récents posent des questions comparables, comme la réouverture de la RN1A au Cap Lahoussaye, elle aussi soumise aux instabilités de versants.

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Sources externes