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Mobilisation lycéenne : 61 interpellations à La Réunion

61 interpellations depuis fin septembre, dont des dizaines de mineurs. Roland-Garros fermé, rassemblements interdits par le préfet.

Manifestation lycéenne à Saint-Pierre, La Réunion, octobre 2026

L’essentiel

Le mouvement lycéen qui agite La Réunion depuis la fin septembre a conduit à 61 interpellations sur l’île, dont des dizaines de mineurs, selon Zinfos974. Dans le Sud, le parquet de Saint-Pierre a recensé 31 interpellations après les violences du 2 octobre, dont 28 mineurs, et 15 d’entre eux ont été placés sous contrôle judiciaire avant une convocation devant le juge des enfants. Au lycée Roland-Garros, au Tampon, établissement le plus touché par les troubles, les cours en présentiel ont été suspendus jeudi 8 et vendredi 9 octobre, et le préfet a interdit par arrêté tout rassemblement autour de l’établissement. Les lycéens mobilisés dénoncent cette interdiction et réclament de meilleures conditions d’études. Au niveau national, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée à Lens ; 18 enquêtes de l’IGPN sont ouvertes.

Des interpellations en série, des mineurs devant le juge

Depuis la fin de la semaine du 3 octobre, les interpellations se sont multipliées à mesure que la mobilisation lycéenne s’étendait à plusieurs établissements de l’île : selon Zinfos974, 26 jeunes ont été interpellés un vendredi, 15 de plus le lundi suivant, puis au moins 21 le mardi, pour un total de 61 interpellations sur l’île, dont des dizaines de mineurs, essentiellement lycéens et quelques collégiens.

Dans le Sud, les violences du 2 octobre ont donné lieu à 31 interpellations, dont 28 mineurs, a précisé le parquet de Saint-Pierre. 15 mineurs ont été placés sous contrôle judiciaire, avec des obligations comme le respect d’un couvre-feu et l’interdiction de participer à des manifestations, avant leur convocation devant le juge des enfants. Dans le Nord, le parquet de Saint-Denis a de son côté engagé une trentaine de procédures depuis le début du mouvement, mêlant mineurs et majeurs, certaines classées sous conditions (stage de citoyenneté) et d’autres faisant l’objet de mesures de réparation.

Roland-Garros fermé, le préfet interdit les rassemblements

Face aux « incidents survenus devant notre lycée » et aux « appels à des manifestations devant les établissements scolaires », le lycée Roland-Garros, au Tampon, a annoncé la suspension des cours en présentiel jeudi 8 et vendredi 9 octobre, la continuité pédagogique étant assurée à distance via Pronote, selon Le Quotidien. Par un arrêté préfectoral du 7 octobre 2026, le préfet de La Réunion interdit « tout rassemblement, manifestation ou cortège » aux abords de l’établissement et dans plusieurs rues environnantes, évoquant des « blocages de lycées », des « jets de pétards, de mortiers, de cocktails Molotov » et un « risque avéré de graves troubles à l’ordre public ».

Dans un communiqué publié le 8 octobre, les lycéens mobilisés de Roland-Garros contestent cette décision et affirment que leur mobilisation dans le Sud s’est déroulée « dans un climat serein et convivial », malgré quelques groupes isolés. Ils résument leur position dans une phrase reprise par Le Quotidien :

« Nous ne demandons pas à être réprimés. Nous demandons à être entendus. » , Communiqué des lycéens mobilisés de Roland-Garros, 8 octobre 2026

Le texte revient aussi sur l’interpellation récente d’un lycéen, qui aurait été maîtrisé au sol pendant qu’un agent exerçait une pression sur sa tête avec le genou. Une enquête de l’IGPN a été ouverte sur ces faits. Les lycéens affirment que leur mobilisation porte sur l’amélioration de leurs conditions d’études, le renforcement des moyens accordés à l’Éducation nationale, des classes adaptées aux apprentissages, et leur volonté de participer aux décisions concernant leur avenir, un motif qui fait écho à la suppression de 86 postes dans l’académie de La Réunion à la rentrée d’août 2026, selon Imazpress.

Grenades suspendues, « temps de démocratie » jugé infaisable à La Réunion

Au niveau national, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, après qu’un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée lors d’une manifestation à Lens, selon Imazpress. 18 enquêtes de l’IGPN ont été ouvertes sur des faits survenus pendant le mouvement. Sur RTL, le ministre a déclaré :

« Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé. » , Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, 7 octobre 2026

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a par ailleurs annoncé, le 6 octobre, l’instauration d’un « temps de démocratie » dans les lycées pour permettre aux élèves de faire remonter leurs revendications. À La Réunion, l’application de la mesure se heurte au calendrier des vacances scolaires, qui démarrent dès le 10 octobre. Le SNPDEN-UNSA, principal syndicat des chefs d’établissement, a indiqué ne pas vouloir organiser ce temps d’échange « tant que le climat ne sera pas serein », estimant que l’annonce a été faite « dans la précipitation, sans concertation ». L’académie de La Réunion a toutefois annoncé, le 7 octobre, l’organisation de « temps lycéens » les 8 ou 9 octobre selon les établissements, ou à la reprise à partir du 26 octobre, chaque proviseur étant invité à organiser un temps d’échanges adapté à la situation de son lycée.

La question des moyens était déjà au cœur d’une rentrée scolaire sous tension, marquée par des suppressions de postes et la baisse des contrats aidés dans les écoles.

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