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Enfants réunionnais « de la Creuse » : la loi de réparation promulguée et publiée au Journal officiel

La loi consacrée aux enfants réunionnais dits « de la Creuse » a été promulguée fin juin 2026 et publiée au Journal officiel, a annoncé la députée Karine Lebon le 30 juin. Adoptée à l'unanimité par l'Assemblée le 28 janvier puis par le Sénat le 16 juin, elle instaure une commission mémorielle, une journée nationale du 18 février et une allocation de réparation.

Loi de réparation pour les enfants réunionnais dits de la Creuse, promulguée en 2026 (source : Free Dom)

L’essentiel

La loi consacrée aux enfants réunionnais dits « de la Creuse » a été promulguée fin juin 2026 et publiée au Journal officiel, a annoncé la députée de La Réunion Karine Lebon le mardi 30 juin, selon Free Dom, Imazpress, Réunion La 1ère et Zinfos974. Adopté à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 28 janvier 2026, puis par le Sénat le 16 juin 2026, le texte est désormais officiellement entré en vigueur. Il reconnaît les souffrances des milliers d’enfants transférés de La Réunion vers l’Hexagone entre 1962 et 1984, souvent contre la volonté de leurs proches, et ouvre le temps de la réparation et du devoir de mémoire.

Une page douloureuse de l’histoire réunionnaise

Entre 1962 et 1984, environ 2 015 mineurs ont été déplacés de La Réunion vers 83 départements de l’Hexagone, principalement ruraux. Cette politique, organisée sur plus de vingt ans, visait officiellement à répondre au doublement de la population réunionnaise en trente ans et à repeupler des territoires ruraux en déclin démographique, au premier rang desquels le département de la Creuse, qui a accueilli le plus grand nombre d’enfants.

De nombreux enfants ont été séparés de leur famille et placés loin de leur île, souvent contre la volonté de leurs proches. Ces transferts ont profondément marqué plusieurs générations et sont longtemps restés un épisode méconnu de l’histoire nationale. La loi promulguée acte la reconnaissance par la République de ces souffrances.

Ce que prévoit la loi

Le texte inscrit plusieurs dispositions concrètes de mémoire et de réparation. Une commission mémorielle de quinze membres, intégrant obligatoirement quatre victimes, verra le jour. Elle aura pour mission de faire entrer cette page d’histoire dans les manuels scolaires, les universités et la formation des travailleurs sociaux.

La loi instaure également une journée nationale d’hommage fixée au 18 février, ainsi qu’un lieu de mémoire dans le département de la Creuse. Elle pose enfin le principe d’une allocation forfaitaire de réparation au bénéfice des anciens mineurs transplantés ou, lorsqu’ils sont décédés, de leurs descendants.

« Le temps de la mise en œuvre »

Pour la députée Karine Lebon, à l’origine du portage du texte, cette promulgation constitue une avancée historique pour les victimes, leurs familles et les associations qui œuvrent depuis des décennies pour la reconnaissance de cette tragédie. Elle souligne toutefois que le travail ne s’arrête pas au vote de la loi et que s’ouvre désormais le temps de la mise en œuvre concrète, avec pour priorités la réparation, le devoir de mémoire et l’accompagnement des victimes.

« Je continuerai à être aux côtés des victimes dans la suite de ce processus, avec la même détermination, jusqu’à ce que cette loi produise pleinement ses effets » , Karine Lebon, députée de La Réunion, 30 juin 2026

Pour de nombreuses familles réunionnaises, cette promulgation représente bien plus qu’une avancée législative : elle constitue une reconnaissance officielle d’un épisode longtemps resté dans l’ombre de l’histoire, et l’ouverture d’un processus de réparation attendu depuis des décennies.

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