Chiens errants : l'amendement autorisant l'abattage dans les outre-mer finalement retiré
L'amendement adopté au Sénat qui devait permettre, sous conditions, l'abattage de chiens errants à La Réunion et dans les outre-mer a été retiré du texte issu de la commission mixte paritaire en juillet 2026. Une décision saluée par les associations de protection animale, dans un territoire confronté à une errance animale chronique.
L’essentiel
L’amendement qui devait autoriser, sous conditions, l’abattage de chiens errants à La Réunion et dans les autres territoires ultramarins ne figure finalement plus dans le texte issu de la commission mixte paritaire (CMP), selon Réunion La 1ère, Imazpress, Le Quotidien et Linfo.re. Le dispositif, adopté quelques jours plus tôt au Sénat, a donc été abandonné avant l’adoption définitive du texte. Une décision saluée par les associations de protection animale, alors que La Réunion reste confrontée à une errance animale chronique et à des attaques de chiens récurrentes.
Ce que prévoyait l’amendement
Le texte, adopté au Sénat et présenté par des sénateurs du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (SER), visait à donner aux préfets de nouveaux moyens face aux attaques de chiens divagants dans plusieurs territoires d’outre-mer, dont La Réunion. Il prévoyait d’abord la mobilisation des lieutenants de louveterie, à la demande du préfet, pour la prévention et la lutte contre les attaques.
L’amendement introduisait surtout une mesure exceptionnelle. Si, après des opérations de capture, les attaques contre des personnes ou des animaux domestiques se poursuivaient dans une commune, le préfet aurait pu autoriser, par arrêté motivé, des opérations de destruction des chiens concernés. Elles auraient pu être menées par les forces de l’ordre, les lieutenants de louveterie, des agents assermentés ou des chasseurs désignés par le préfet.
Le dispositif était encadré : opérations limitées à deux mois dans la commune et les communes voisines, seulement après l’échec des captures, avec une information de la population au moins trois jours à l’avance.
Un abandon salué par les défenseurs des animaux
Le retrait de cette disposition en commission mixte paritaire, instance chargée de trouver un texte commun entre l’Assemblée et le Sénat, met fin, au moins pour l’instant, à la perspective d’abattages ciblés. La décision a été saluée par les associations de protection animale, opposées à une mesure jugée radicale et contraire au bien-être animal.
Le débat avait vivement divisé. Ses partisans y voyaient un dernier recours face à une recrudescence des attaques, notamment sur les élevages, estimant que le cadre juridique actuel ne permettait pas aux préfets d’agir efficacement lorsque les captures ne suffisent plus. Ses opposants dénonçaient une réponse par la violence à un problème qui appelle, selon eux, une action sur les causes.
L’errance animale, un problème chronique à La Réunion
Au-delà de l’épisode législatif, l’errance animale demeure un enjeu majeur à La Réunion. L’île compte un nombre élevé de chiens et de chats errants, source d’attaques, d’accidents de la route, de nuisances et de souffrance animale. Les abandons, l’insuffisance des stérilisations et les difficultés de capture entretiennent le phénomène.
Les acteurs de terrain plaident majoritairement pour une action sur les causes : stérilisation massive, lutte contre l’abandon, identification des animaux et sensibilisation des propriétaires. Le retrait de l’amendement relance donc la question des moyens à mobiliser pour traiter durablement un problème que la seule capture ne suffit pas à endiguer.
Suivre
- Préfecture de La Réunion : politique de lutte contre l’errance animale
- Associations de protection animale : actions de stérilisation et de sensibilisation
- Communes : arrêtés et dispositifs locaux de capture
- Médias locaux : Réunion La 1ère, Imazpress, Le Quotidien, Linfo.re, Free Dom
